Bush offre à ses adversaires de discuter sur l'Irak mais pas de négocier

Fairfax — Le président George W. Bush a offert hier à ses adversaires démocrates de discuter de la situation en Irak, mais son rejet de toute date de retrait augurait mal des chances de succès d'une telle ouverture.

Sans décliner expressément l'invitation, les chefs démocrates au Congrès ont refusé les conditions préalables énoncées par M. Bush.

«Quand il s'agit de financer [le déploiement de] nos soldats, nous n'avons pas de temps à perdre [...], alors j'invite les dirigeants parlementaires des deux partis [...] à me rencontrer la semaine prochaine à la Maison-Blanche», a déclaré M. Bush devant des membres de la principale organisation d'anciens combattants à Fairfax, près de Washington.

La Maison-Blanche a cependant pris soin de préciser qu'il n'était pas question pour M. Bush de négociation ni de compromis.

M. Bush a répété qu'il opposerait son veto à tout texte qui fixerait une échéance à la mission irakienne.

C'est précisément ce qu'ont fait les deux chambres du Congrès, où les démocrates sont majoritaires depuis janvier. Elles ont assorti d'une date limite d'engagement en 2008 le collectif budgétaire d'environ 100 milliards de dollars que leur a soumis M. Bush en février pour financer la guerre en 2007. Les deux chambres doivent à présent s'entendre sur un texte unique à soumettre à M. Bush.

«Les démocrates du Congrès sont disposés à rencontrer le président à tout moment, mais nous pensons que toute discussion sur une question aussi cruciale que l'Irak doit avoir lieu à travers des négociations sérieuses dépourvues de toute condition préalable», ont dit la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le chef de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid dans un communiqué.

Selon eux, ce que veut M. Bush, c'est que le Congrès lui «renouvelle un chèque en blanc pour une guerre sans fin».

M. Bush a au contraire reproché aux démocrates de ne pas laisser à sa nouvelle stratégie pour l'Irak le temps de porter ses fruits. Il s'est livré à une évaluation prudente mais positive des premiers effets de ce plan, parlant de signes encourageants.

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