Kosovo : manif contre l'indépendance

Belgrade — Environ 10 000 personnes se sont rassemblées hier devant l'ambassade des États-Unis à Belgrade pour protester contre les propositions de l'envoyé spécial de l'ONU, Martti Ahtisaari, pour le futur statut du Kosovo.

Les manifestants, dont plusieurs milliers venaient du nord du Kosovo, portaient des banderoles avec des inscriptions «Kosovo, l'âme de la Serbie», «Plan 3 A, Albanais, Américains, Ahtisaari» ou «Russie, aide-nous», en allusion aux annonces que Moscou pourrait utiliser son droit de veto pour bloquer toute décision du Conseil de sécurité de l'ONU accordant l'indépendance au Kosovo.

Une trentaine de policiers ont été déployés devant l'ambassade pour empêcher les manifestants de s'approcher du bâtiment, mais la manifestation s'est déroulée dans le calme.

Le rassemblement était organisé par le Conseil national serbe du Kosovo et soutenu par les partis nationalistes de Serbie, parmi lesquels le Parti démocratique de Serbie (DSS) du premier ministre Vojislav Kostunica, le Parti radical serbe (SRS) ultranationaliste et le Parti socialiste de Serbie (SPS) du défunt Slobodan Milosevic.

Selon les organisateurs, la manifestation a été convoquée devant l'ambassade des États-Unis à Belgrade en raison du soutien de Washington aux Albanais pro-indépendantistes de la province. Elle survient alors que les négociations entre Belgrade et Pristina sur les propositions de M. Ahtisaari, entamées il y a une semaine, se poursuivent à Vienne.

Ces propositions, présentées début février, prévoient une forme de souveraineté pour la province, contrôlée pendant une période indéterminée par une mission internationale dirigée par l'Union

européenne (UE).

Avant le début de la manifestation, le président du Conseil national serbe du nord du Kosovo, Milan Ivanovic, a rencontré l'adjoint de l'ambassadeur des États-Unis, Roderick Moore, pour souligner que le plan de M. Ahtisaari était inacceptable et partial. M. Moore a réitéré que Washington soutenait le plan de l'envoyé spécial de l'ONU comme une bonne base pour les négociations entre Belgrade et Pristina.

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