Irak - Des terroristes mettent en échec le plan de sécurité

Des soldats ont été dépêchés à la Faculté d’économie et gestion. Ceux-ci n’ont pu que constater l’ampleur du carnage qui a fait 40 morts lorsqu’un kamikaze a actionné sa ceinture d’explosifs.
Photo: Agence Reuters Des soldats ont été dépêchés à la Faculté d’économie et gestion. Ceux-ci n’ont pu que constater l’ampleur du carnage qui a fait 40 morts lorsqu’un kamikaze a actionné sa ceinture d’explosifs.

Bagdad — Le président irakien, Jalal Talabani, a été évacué hier soir vers la Jordanie pour des examens médicaux, après un malaise lié à son surmenage selon la présidence, alors que la capitale irakienne était frappée par une nouvelle vague d'attentats.

Hier, des terroristes ont encore mis en échec le plan de sécurité de la capitale, tuant 42 personnes. Un kamikaze s'est fait sauter devant une faculté et a fauché 40 vies, dont une majorité d'étudiants venus passer leurs examens.

Selon des sources aéroportuaires, M. Talabani est sorti d'un avion militaire américain et s'est rendu à pied jusqu'à une voiture qui devait l'emmener vers le Centre médical du roi Hussein, un hôpital militaire de Jordanie.

Le président, un Kurde âgé de 74 ans, autorité morale très respectée en Irak, «est tombé malade, les médecins ont demandé des examens supplémentaires», avait annoncé plus tôt la présidence. «En raison de son travail continuel et difficile ces derniers jours, il a eu un malaise», mais «son état de santé n'inspire aucune inquiétude», selon cette source.

«Il est atteint d'une maladie rénale et il est resté plusieurs heures en observation dans un hôpital de Souleimaniyah», a ajouté un haut responsable de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), son parti.

Pendant ce temps, Bagdad était secouée hier par trois attentats. Dans la matinée, une voiture piégée a tué deux civils à proximité de l'ambassade d'Iran, à l'ouest du Tigre. Puis, une autre voiture piégée a blessé cinq passants dans un quartier commerçant du centre.

À la mi-journée, un kamikaze s'est fait sauter devant la faculté d'Économie et gestion de l'université de Moustansariya — très proche de Sadr City, le grand bastion chiite de Bagdad — tuant 40 personnes, surtout des étudiants et cinq gardes, selon le ministère de l'Enseignement supérieur.

«On nous a vendus!», criait, peu après, un homme choqué, dénonçant à sa manière l'inefficacité du plan de sécurité irako-américain destiné à pacifier la ville.

Le plan pour Bagdad, lancé le 14 février, prévoit le quadrillage de la ville par les forces de sécurité irakiennes et américaines, soit 90 000 hommes. Les contrôles s'y sont multipliés, mais des terroristes ont continué à se glisser entre les mailles du filet.

Devant ces violences, les autorités ont souligné que le plan continuait à monter en puissance, annonçant que le stationnement serait à l'avenir interdit sur les grands axes de la capitale pour «éviter que les terroristes puissent mener à bien des actes criminels».

Peu avant ce décret, destiné à contrer un type d'attentat souvent utilisé par les extrémistes sunnites, un message du chef chiite radical Moqtada Sadr a laissé entrevoir de nouvelles difficultés, sur le front des chiites cette fois. Moqtada Sadr, dont on ignorait s'il était en Irak, a fait lire un message à Sadr City dénonçant le plan de sécurité irako-américain.

«Le plan de sécurité sous commandement de notre ennemi ne contient rien de bon pour les Irakiens», a-t-il déclaré dans ce texte lu par un religieux devant une foule enthousiaste.

Début janvier, le courant politique Sadr avait pourtant annoncé soutenir le plan de sécurité.

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