Plus de 339 000 sinistrés à Jakarta en proie aux inondations

Un bébé de deux semaines est évacué par les habitants d’un quartier de Jakarta, en Indonésie, durement touché par les inondations.
Photo: Agence Reuters Un bébé de deux semaines est évacué par les habitants d’un quartier de Jakarta, en Indonésie, durement touché par les inondations.

Jakarta — Une vaste opération de secours se poursuivait hier à Jakarta pour venir en aide à plus de 339 000 habitants de la capitale indonésienne et de ses environs chassés de chez eux par des inondations dues à des pluies torrentielles qui ont fait une vingtaine de morts.

Au total, 18 personnes ont été tuées et deux ont été portées disparues, a dit un responsable du ministère de la Santé, Rustam Pakaya.

Le porte-parole de la police de Jakarta, Untung Yoga Ana, cité par l'agence de presse officielle Antara, avait, lui, fait état de vingt morts dans la capitale et dans des localités proches.

Le dernier bilan en date du nombre des sinistrés, 339 138, fourni hier par le ministère de la Santé, était en forte hausse. Le précédent, celui de l'Agence nationale d'atténuation des risques liés aux catastrophes, diffusé quelques heures auparavant, donnait le chiffre de 190 000, contre 106 095 samedi.

«Les victimes sont mortes à cause de maladies, de froid, d'électrocution ou elles ont été emportées par les inondations», a déclaré le porte-parole de la police de Jakarta, une métropole en forte croissance aujourd'hui peuplée de dix millions d'habitants.

La capitale a été placée en état d'alerte et les autorités ont déployé quelque 12 600 personnes supplémentaires pour participer aux opérations de secours.

«Nous avons assez d'hommes, mais nous manquons de bateaux pneumatiques pour évacuer les habitants», a déploré Untung Yoga Ana.

Au moins 122 secteurs de Jakarta ainsi que trois villes de la conurbation, celles de Depok, Tangerang et Bekasi, ont été gravement affectés par la montée des eaux. Les quartiers huppés, comme celui de Kemang, n'ont pas été épargnés.

On pouvait voir hier à la télévision locale des images montrant des sinistrés évacués des toits où ils avaient trouvé refuge et des hélicoptères larguant des vivres sur des zones désormais isolées dans le nord de la capitale.

Circulation paralysée

La circulation était paralysée et de nombreux axes restaient impraticables. L'électricité était coupée dans les zones touchées et au moins 5000 personnes étaient privées de téléphone.

Mosquées, écoles et autres bâtiments publics ont été reconvertis en centres d'hébergement de fortune, les autorités admettant rencontrer des difficultés à faire face à cette nouvelle catastrophe dans l'archipel.

Bénévoles et employés de la Croix-Rouge indonésienne distribuaient de la nourriture aux milliers de déplacés.

«Ce temps va continuer au moins jusqu'à la fin du mois de février», a averti Edison Gurning, du Bureau de météorologie et de géophysique de Jakarta.

Les crues sont un souci fréquent dans la capitale indonésienne, au plus fort de la saison des pluies (janvier/février).

Début 2002, des inondations y avaient tué plusieurs dizaines de personnes et 300 000 autres s'étaient réfugiées dans des mosquées, des écoles et même des cimetières.

Jakarta, édifiée sur des marais, compte treize rivières et 78 zones facilement inondables.

Le ministre de l'Environnement, Rachmat Witoelar, a mis en cause le nombre excessif des constructions sur des zones d'écoulement naturel des eaux. «Il y a trop de centres commerciaux dans la capitale», a déploré le ministre cité par l'agence Antara.