Proche-Orient: le «Quartet» veut relancer la «feuille de route»

Washington — Le Quartet des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient a apporté hier son soutien à l'initiative américaine de relance du processus de paix israélo-palestinien tout en exprimant sa «profonde inquiétude» concernant les affrontements interpalestiniens, qui ont fait au moins 17 morts dans la journée.

Mais ses membres ont également affiché leurs divisions sur la volonté américaine d'isoler le gouvernement palestinien, dirigé par le Hamas, et la Syrie, stratégie jugée «contre-productive» par la Russie.

Sur le terrain, un accord est intervenu sur un cessez-le-feu à Gaza entre le président Mahmoud Abbas et le numéro un du Hamas, Khaled Mechaal. Au cours des dernières vingt-quatre heures, les violences interpalestiniennes ont fait au moins 23 morts et plus de 200 blessés.

«Le Quartet a exprimé sa profonde inquiétude au sujet des violences interpalestiniennes et a appelé au respect de l'ordre et de la loi», indique une déclaration commune des États-Unis, de la Russie, des Nations unies et de l'Union européenne, lue par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Cette spirale de violences rend certains analystes profondément sceptiques sur l'initiative de Washington, qui marque son réengagement dans la région.

«Le Quartet affirme la primauté de la feuille de route et soutient les efforts américains pour accélérer les progrès sur la feuille de route», a déclaré le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, lisant un communiqué commun au cours d'une conférence de presse à Washington.

Les chefs de diplomatie du Quartet (États-Unis, Union européenne, Russie, ONU), réunis au département d'État, ont également «réaffirmé» les conditions préalables à une reprise de l'aide internationale au gouvernement dirigé par le Hamas: la reconnaissance d'Israël et des accords passés, et le renoncement à la violence. «Le Quartet réaffirme que ces principes subsistent», indique le communiqué.

Les grandes puissances ont néanmoins reconduit le «mécanisme temporaire» qui permet la distribution d'une aide financière aux Palestiniens en contournant le gouvernement du Hamas, appelant même à le «développer».

La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a entamé des négociations pour «accélérer la feuille de route», qui est restée jusqu'ici lettre morte.

Elle a notamment prévu de réunir le premier ministre israélien Éhoud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas à la mi-février pour discuter des étapes finales de ce plan international, comme le tracé des frontières ou le processus de création d'un État palestinien indépendant.

Elle espère ainsi donner un «horizon politique» aux Palestiniens et les détourner du mouvement radical Hamas, que Washington comme l'UE considèrent comme un mouvement terroriste.

Le Quartet se réunira de nouveau «très bientôt» à Berlin, après une réunion de la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, du premier ministre israélien, Éhoud Olmert, et du président palestinien, Mahmoud Abbas, prévue à la mi-février.

À Gaza, le porte-parole de M. Abbas a affirmé que ce dernier et Khaled Mechaal s'étaient mis d'accord sur un cessez-le-feu entre leurs partisans et qu'ils se rencontreraient mardi à La Mecque.

«Le président Mahmoud Abbas et le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, se sont entretenus par téléphone et ont convenu de faire des efforts pour mettre fin aux combats [...] dans l'intérêt du peuple palestinien et ouvrir la voie à la réussite du prochain dialogue mardi à La Mecque», a indiqué Nabil Abou Roudeina.