Conférence de Paris - Appel à l'abolition de la peine de mort

Paris — Le troisième Congrès mondial contre la peine de mort s'est ouvert hier à Paris par un appel aux pays qui n'ont pas encore aboli la peine capitale à la commuer en emprisonnement.

Devant plusieurs centaines de personnes venues du monde entier, la manifestation va plaider jusqu'à demain pour l'abolition universelle, qui passe selon les organisateurs par des avancées en Chine, au Maghreb et au Moyen-Orient ainsi qu'aux États-Unis.

«La peine de mort reste encore en vigueur dans de trop nombreux États, mais fort heureusement, partout dans le monde, des forces se mobilisent et portent l'espoir d'une justice plus humaine», a affirmé le président français Jacques Chirac à l'ouverture de la réunion dans un message lu par le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy.

Rappelant l'appel récent de 85 pays à un moratoire sur les exécutions là où la peine capitale est encore en vigueur, M. Chirac a franchi un pas supplémentaire en annonçant que la France encourageait aussi «les pays concernés à commuer les peines capitales en peines d'emprisonnement».

Organisée sous le patronage de la France et de l'Allemagne — qui assure la présidence de l'Union européenne (UE) —, la réunion a aussi reçu le soutien de la chancelière Angela Merkel.

«L'abolition de la peine de mort est une revendication centrale de la politique allemande et européenne des droits de la personne», a déclaré Mme Merkel par la voix d'un haut fonctionnaire du ministère allemand des Affaires étrangères.

«Je suis convaincue qu'on peut combattre le terrorisme en nous tenant strictement à nos principes éthiques et moraux», a-t-elle poursuivi, rappelant que la peine de mort avait été abolie sans restriction dès 1949 lors de la création de la République fédérale d'Allemagne (RFA).

2148 personnes ont été exécutées dans 22 pays en 2005, une très forte majorité des exécutions (94 %) étant recensées en Chine, en Iran, en Arabie saoudite et aux États-Unis.