Des progrès limités en Irak

Washington — Les progrès en matière de lutte contre l'insécurité, la corruption et les lenteurs bureaucratiques ont été limités ces trois derniers mois en Irak, estime un rapport trimestriel de l'inspecteur général américain sur la reconstruction de ce pays, publié hier.

Le rapport relève notamment que «la corruption continue d'être un fléau», que les infrastructures restent vulnérables, les lignes électriques étant attaquées régulièrement, et que les ministères irakiens ont du mal à réaliser leurs projets d'investissements.

«Des milliards de dollars budgétés par le gouvernement d'Irak n'ont pas été dépensés fin 2006», souligne cette évaluation de l'inspecteur général sur la reconstruction en Irak, Stuart Bowen.

«Les forces de sécurité irakiennes se sont développées plus lentement que prévu et la situation en matière de sécurité a continué de se détériorer», ajoute-t-il.

Mais selon le rapport, le plus grand défi rencontré par le gouvernement irakien continue d'être «le renforcement des institutions de l'État de droit: le système judiciaire, les prisons et la police». «Les États-Unis ont dépensé des milliards de dollars dans ce domaine, avec un succès limité jusqu'à maintenant», relève-t-il.

Le chômage, quant à lui, reste élevé, notamment chez les hommes jeunes, mais le rapport souligne le caractère prometteur de certains projets du gouvernement américain, comme le redémarrage de certaines entreprises publiques et le soutien à des entreprises privées.

De manière générale, le rapport juge que l'Irak a besoin de manière urgente de davantage de contributions de donateurs internationaux.

La secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a annoncé en janvier la nomination de l'ancien ambassadeur Timothy Carney au poste de coordonnateur pour la reconstruction en Irak. Le président George W. Bush de son côté a annoncé le 10 janvier une nouvelle enveloppe budgétaire d'un milliard de dollars pour relancer l'économie, la société civile, les infrastructures et le système judiciaire de l'Irak.