Nouveau projet de résolution sur l'Irak - Washington espère un vote demain

New York - Les États-Unis espèrent obtenir demain l'adoption de leur projet de résolution déposé hier du Conseil de sécurité de l'ONU sur le désarmement irakien, mais sans en avoir la certitude, Paris et Moscou souhaitant encore des clarifications sur ce texte.

Dans un entretien téléphonique, les présidents français, Jacques Chirac, et russe, Vladimir Poutine, ont estimé nécessaire de «lever certaines ambiguïtés» sur le recours automatique à la force dans le projet présenté par Washington, a déclaré la porte-parole de l'Élysée Catherine Colonna. .

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a espéré que le Conseil de sécurité puisse adopter à l'unanimité une résolution sur l'Irak. «J'ai toujours dit qu'il était important que le Conseil parle d'une seule voix», a déclaré M. Annan en sortant d'une réunion du Conseil à huis clos centrée sur l'Irak.

«Nous voudrions voir un vote vendredi [demain]», a de son côté estimé le porte-parole du département d'État, Richard Boucher, tout en ajoutant «ne pouvoir promettre qu'il y aura un vote vendredi».

La version remaniée du projet, déposée formellement hier auprès des 15 membres du Conseil de sécurité pendant des consultations à huis clos, prévoit notamment de donner «une dernière chance» à l'Irak pour se conformer aux demandes de l'ONU sur son désarmement afin de tenir compte d'objections notamment de la France et de la Russie. Le président américain, George W. Bush, «espère que les Nations unies vont voter» le projet remanié, a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer.

Les propositions doivent se poursuivre aujourd'hui, a indiqué John Negroponte, l'ambassadeur américain à l'ONU.

Le texte, dont l'AFP a obtenu une copie et qui comprend de nouvelles formulations suggérées par la France, donne «une dernière chance à l'Irak de se conformer à ses obligations en matière de désarmement» et lui donne sept jours pour accepter la résolution. Il y est clairement affirmé que d'éventuelles violations des obligations irakiennes seront rapportées au Conseil de sécurité, qui en discutera. Le nouveau projet inclut la proposition française de lier de «sérieuses conséquences», dans le cas de telles violations, à de nouvelles discussions entre les membres du Conseil.

La clause controversée selon laquelle «l'Irak a été et continue d'être en violation patente de ses obligations» reste maintenue.

De hauts responsables américains travaillaient à cette nouvelle mouture depuis une semaine, après les désaccords exprimés par la France et la Russie sur une précédente version qui donnait le feu vert à une utilisation automatique de la force contre l'Irak.

De son côté, Moscou a jugé «indispensable d'obtenir que la nouvelle résolution ne compte aucun automatisme dans l'utilisation de la force». Un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Iouri Fedotov, a reconnu que la dernière mouture américaine prenait en compte certaines exigences russes, selon l'agence Itar-Tass.

Un responsable du département d'État a souligné, sous couvert de l'anonymat, que le projet de résolution, quel qu'il soit, n'empêcherait pas les États-Unis de lancer unilatéralement ou avec l'appui de nations alliées des opérations militaires contre Bagdad.

Lundi, le président irakien, Saddam Hussein, avait apparemment assoupli légèrement sa position, affirmant être prêt à prendre en considération une nouvelle résolution, à condition que celle-ci ne puisse servir de prétexte aux États-Unis pour attaquer son pays. Hier, un responsable du parti Baas au pouvoir en Irak, a exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à ne pas cautionner le projet de Washington.