L'administration Bush serait divisée au sujet de l'envoi de renforts

Washington — L'administration de George Bush est divisée sur l'hypothèse d'un renforcement provisoire du contingent américain pour mettre fin à la dégradation de la situation en Irak, rapportait hier le Washington Post.

Dans le cadre du débat en cours aux États-Unis sur les moyens de stabiliser l'Irak pour rapatrier les quelque 134 000 militaires américains sur place, des responsables de la Maison-Blanche défendent avec vigueur l'idée d'un accroissement à court terme du nombre de soldats déployés alors que ce projet suscite l'opposition unanime de l'état-major interarmes, affirme le Washington Post, citant des responsables proches de ces débats.

Pour les militaires du Pentagone, la Maison-Blanche n'a toujours pas fixé de mission précise et elle s'accroche à l'idée d'un renforcement provisoire du contingent car, notamment, elle ne dispose guère d'autres solutions, poursuit le quotidien.

L'état-major a prévenu qu'une mission de court terme pourrait encourager les factions armées en Irak sans pour autant renforcer durablement la mission des militaires américains ou de l'armée irakienne, insiste le Post.

L'envoi de 15 000 à 30 000 militaires supplémentaires pour une période de six à huit mois est l'une des hypothèses envisagées à la Maison-Blanche, ont déclaré des responsables au Washington Post, sous le sceau de l'anonymat.

L'idée d'un contingent plus vaste pour une mission plus longue est en revanche quasiment écartée, essentiellement pour des raisons logistiques, ont ajouté ces responsables.

Selon un membre de l'administration cité par le journal, il est «trop simpliste» de réduire le débat actuel à une lutte entre la Maison-Blanche et le Pentagone. Ce responsable reconnaît toutefois que les militaires s'interrogent sur le bien-fondé de cette option, sans toutefois la rejeter catégoriquement.

La guerre coûtera 110 milliards en 2007

Le coût de la guerre en Irak pour l'année budgétaire 2007, qui a débuté en octobre, devrait dépasser 110 milliards de dollars, a indiqué hier Rob Portman, directeur du bureau du budget de la Maison-Blanche (OMB).

Interrogé lors d'une conférence de presse sur les dépenses à venir pour l'Irak, M. Portman a indiqué que l'ensemble des dépenses pour ce pays «dépassera 110» milliards de dollars mais qu'un chiffre définitif n'a pas encore été arrêté.

Une estimation plus exacte devrait être communiquée au début de l'année prochaine dans le cadre d'un collectif budgétaire pour 2007 qui sera présenté en même temps que la proposition de budget pour 2008.

«Cela dépend de beaucoup de choses qui doivent encore être décidées», a souligné Rob Portman.

Il a précisé que les chiffres actuellement connus font partie de la revue à mi-parcours du budget 2007 et qu'ils pourraient se révéler sous-évalués, car les dépenses inscrites dans l'exercice budgétaire en cours s'étaleront aussi sur les exercices 2008 et 2009.

«Je peux vous dire que mon intention est d'être plus transparent sur cette question que nous l'avons été dans le passé», a ajouté le directeur de l'OMB, tout en soulignant que la Maison-Blanche dépendait des chiffres que lui transmettait le Pentagone.

Il a indiqué que le budget pour 2008 serait présenté le 5 février et rappelé que le budget 2007 comprenait déjà une enveloppe de 70 milliards de dollars pour financer la guerre contre le terrorisme.

Selon des calculs de l'AFP fondés sur les estimations de deux organismes officiels du Congrès américain, le coût de la guerre en Irak, lancée en mars 2003, s'élevait à 290 milliards de dollars à la fin de l'année fiscale 2006 (close le 30 septembre dernier), dont 254 milliards pour les coûts militaires, dans un rapport daté du 22 septembre.

L'organisme de recherche du Congrès (Congressional Research Service) évalue ce montant à 319 milliards, précisant que cela représente 73 % des dépenses de la «guerre contre le terrorisme» engagée à la suite des attentats du 11 septembre 2001.