L'Irak est au bord de la «désintégration», selon l'International Crisis Group

Bagdad — L'Irak est au bord de la «désintégration», selon un rapport de l'organisation International Crisis Group (ICG) publié hier, qui estime notamment que le gouvernement d'union nationale du premier ministre Nouri al-Maliki n'est pas représentatif.

«Le pays et ses institutions risquent de sombrer dans le chaos», menaçant la stabilité de toute la région, s'alarme dans ce document le président d'ICG, Gareth Evans.

«La commission Baker-Hamilton et le renouvellement qu'elle représente de la politique américaine en Irak sont un premier pas important mais radicalement insuffisant si on veut éviter l'effondrement de l'Irak et une guerre régionale», estime ICG.

La commission américaine coprésidée par l'ancien secrétaire d'État James Baker, qui a rendu le 6 décembre ses conclusions, a recommandé un changement de la politique américaine en Irak avec un possible retrait de troupes de combat d'ici 2008. Elle préconisait également des discussions directes avec l'Iran et la Syrie.

«Tous les acteurs politiques irakiens impliqués dans la violence doivent être amenés à la table des négociations et mis sous pression pour accepter des compromis», souligne ICG. «Le gouvernement irakien et les forces de sécurité ne peuvent être considérés comme des alliés qu'on soutient: ils font simplement partie des nombreux acteurs du conflit», observe l'organisation.

La commission Baker parle de «gouvernement d'union nationale représentatif du peuple irakien»: «ce n'est en rien vrai», selon ICG, qui propose «une nouvelle approche multilatérale mettant vraiment la pression sur les acteurs» nationaux.

À Washington, le Pentagone a reconnu que la situation continuait à se détériorer, avec en moyenne 959 attaques par semaine lors des trois derniers mois, soit une hausse de 22 %.

Ce rapport, publié à peine 24 heures après l'entrée en fonction officielle de Robert Gates à la tête du Pentagone, fait également état d'une «nette augmentation» des violences interconfessionnelles.

La commission présidée par James Baker qui jugeait la situation «grave» en Irak et s'était notamment inquiétée de la sous-estimation «significative» et «systématique» par l'armée américaine des actes de violence commis dans le pays.