Lopez Obrador se proclame président légitime du Mexique

Les partisans se sont rassemblés hier sur la place du Zocalo, à Mexico.
Photo: Agence Reuters Les partisans se sont rassemblés hier sur la place du Zocalo, à Mexico.

Mexico — Le candidat de gauche battu à la dernière présidentielle au Mexique, Andres Manuel Lopez Obrador, s'est proclamé hier «président légitime», un avant-goût de la contestation permanente qu'il entend opposer au président de droite élu, Felipe Calderon, qualifié «d'usurpateur».

L'ancien maire de Mexico estime qu'il y a eu fraude électorale le 2 juillet dernier, lors du scrutin qu'il a perdu par un écart de 0,56 % des voix, et appelle à boycotter le 1er décembre l'investiture officielle de Felipe Calderon, élu pour six ans.

Son auto-proclamation hier, jour de commémoration de la révolution mexicaine de 1910, et la présentation d'un «gouvernement parallèle» devant des milliers de ses partisans sur la place du Zocalo, dans le centre de la capitale, sont destinés à marquer le début d'une résistance civile.

M. Lopez Obrador entreprend une «longue marche» vers les élections de 2012, avec une première campagne dans 2400 municipalités du pays.

Cet activisme est «une manière de préparer une candidature pour les prochaines élections et de se maintenir» présent dans l'actualité, estime Oscar Camacho, coauteur de La victoire qui n'a pas eu lieu, analyse de la défaite électorale du candidat de gauche.

Avant même que soit investi Felipe Calderon, Andres Manuel Lopez Obrador l'a accusé d'être le responsable des hausses du prix de l'essence et du lait, annoncées la semaine dernière.

M. Lopez Obrador est par ailleurs resté sourd à l'offre de Felipe Calderon, qui avait proposé de travailler avec le Front démocratique large regroupant les trois partis parlementaires qui avaient soutenu le candidat de gauche (parti de la révolution démocratique-PRD, Convergence et Parti du Travail-PT).

Le président élu, faisant état de points de vue proches sur certains dossiers, avait notamment assuré qu'il n'y aurait pas de privatisation du secteur pétrolier et de l'énergie.

«Il n'aura pas la liberté pour proposer des réformes progressistes, car c'est un président qui n'est pas surgi des urnes, mais de la fraude», a fait valoir un représentant du camp d'Andres Manuel Lopez Obrador.

Le 1er décembre, la gauche se propose d'empêcher, au Congrès, la remise symbolique par le président sortant Vicente Fox de l'écharpe présidentielle à Felipe Calderon. Déjà le 1er septembre dernier, Vicente Fox n'avait pu délivrer le traditionnel message à la nation depuis le bâtiment du parlement.

L'attitude de M. Lopez Obrador fait l'objet hier de plusieurs sondages publiés dans la presse mexicaine qui notent une baisse de popularité de l'ex-candidat de gauche.

Selon le quotidien Milenio, «il est devenu le politicien avec la pire des images dans le pays, avec 57 % d'opinions négatives». Au début de la campagne présidentielle en février dernier, 63 % avaient une image positive et seulement 19 % une opinion négative, rappelle Milenio.