À Hanoï, Bush prône la réconciliation

Hanoï — George W. Bush, second chef d'État américain à se rendre au Vietnam depuis la fin d'une guerre qui a profondément divisé les États-Unis, a jugé hier que sa présence dans ce pays prouvait que les nations pouvaient «se réconcilier et aller au-delà des difficultés du passé».

Tandis que les États-Unis sont confrontés à une guerre en Irak qui a pu être comparée au «bourbier» vietnamien, le président américain a estimé que l'expérience vietnamienne était la preuve qu'avec le temps, les plaies les plus vives pouvaient se cicatriser. «Le temps historique est long, les sociétés changent, a dit Bush. Les relations peuvent toujours s'améliorer.»

Le président américain est au Vietnam pour le forum de coopération économique Asie-Pacifique. Mais, affaibli par sa défaite lors des élections de mi-mandat, il se présente à Hanoï sans le traité historique de libre-échange qu'il espérait conclure avec le Vietnam.

La Chambre des représentants a rejeté lundi cet accord commercial avec le Vietnam, ce qui a affaibli le président avant sa tournée asiatique et jeté un doute quant à sa marge de manoeuvre avec un Congrès désormais aux mains des démocrates.

Le déplacement de Bush souffre aussi de la comparaison avec son prédécesseur, Bill Clinton. En 2000, Clinton était devenu le premier président américain à se rendre en visite au Vietnam depuis la fin du conflit. Les habitants de Hanoï se souviennent des foules massées le long du trajet suivi par le cortège présidentiel, de l'enthousiasme qu'avait suscité sa venue.

Cette fois, des milliers de Vietnamiens sont sortis pour assister au passage du cortège présidentiel, qui n'a pas soulevé le même enthousiasme.