Irak: deux otages sont libérés, un autre est retrouvé mort

Contrôle policier à Bagdad
Photo: Agence Reuters Contrôle policier à Bagdad

Bagdad — Un Américain enlevé jeudi avec quatre autres ressortissants occidentaux dans le sud de l'Irak a été retrouvé mort et deux autres ont été libérés, alors que le sort d'un quatrième Américain et d'un Autrichien demeure inconnu.

«Deux gardes occidentaux ont été libérés; il s'agit de deux Américains. Et un troisième, également de nationalité américaine, a été retrouvé mort», a déclaré hier un responsable de la province de Bassora (sud).

«La police a réussi à libérer deux gardes enlevés la veille, lors d'une opération dans la localité d'al-Dawajin près d'al-Zoubeir», proche de la frontière koweïtienne, a indiqué ce responsable du bureau du gouverneur, ajoutant que la police a retrouvé le corps d'un garde américain.

Quatre Américains et un Autrichien ont été enlevés jeudi lorsque le convoi qu'ils escortaient, formé de 43 camions et de six véhicules de sécurité, a été arrêté «à ce qui semblait être un barrage de police près de Safwan», près de la frontière koweïtienne.

Selon un haut responsable américain à Bagdad, il s'agit de cinq gardes d'une entreprise de sécurité privée, Crescent Security Group (CSG), basée au Koweït.

La région dans laquelle a eu lieu l'enlèvement est une zone contrôlée par les milices chiites radicales, hostiles aux forces de la coalition dirigées par les Américains.

En outre, un agent de sécurité britannique a été tué et un autre Britannique a été blessé hier dans un affrontement avec des garde-frontières irakiens, a rapporté la police irakienne et un porte-parole militaire britannique.

«Six agents de sécurité occidentaux sont entrés en Irak en provenance du Koweït, sans visa. Ils ont été arrêtés au poste-frontière [irakien] de Zoubair. Un affrontement a eu lieu au cours duquel un Britannique a été tué, un autre blessé», selon un policier de Zoubeir.

«Deux femmes qui se trouvaient sur place ont aussi été tuées, de même que deux policiers irakiens», selon ce policier qui a requis l'anonymat.

Le porte-parole britannique n'a pas pu confirmer si ces agents appartenaient à la société Crescent Security Group, pour laquelle travaillent les quatre Américains et un Autrichien.

L'autre enlèvement

L'enlèvement des cinq gardes est survenu deux jours après un spectaculaire kidnapping collectif par des hommes en uniforme, mardi, dans des locaux du ministère de l'Enseignement supérieur, à Bagdad.

Plusieurs dizaines de personnes manquent toujours à l'appel et certaines auraient été tuées ou torturées, selon le ministre de l'Enseignement supérieur, Abed Diab al-Oujaili, qui a suspendu sa participation au gouvernement tant que tous les otages n'auront pas été retrouvés.

À Bagdad, le gouvernement a affirmé que le haut dignitaire sunnite Hareth Dhari ne faisait, pour l'instant, l'objet que d'une enquête, après une levée de boucliers provoquée la veille par l'annonce du lancement d'un mandat d'arrêt à son encontre.

Après une vague de protestations de la part d'organisations sunnites, le gouvernement a minimisé hier l'annonce faite jeudi soir par la télévision publique Iraqia, selon laquelle un mandat d'arrêt avait été lancé contre le principal dignitaire religieux sunnite irakien.