Irak: mandat d'arrêt contre le principal chef sunnite

Bagdad — Les autorités irakiennes ont lancé hier un mandat d'arrêt contre le secrétaire général du Comité des oulémas musulmans, la principale organisation sunnite, selon la télévision publique Iraqia.

Cheikh Hareth Dhari, qui se trouve aux Émirats arabes unis, a été accusé d'«incitation à la violence confessionnelle», selon la télévision, qui cite le ministre de l'Intérieur, Jawad al-Bolani, un chiite.

Cheikh Dhari a été critiqué ces derniers jours par des dirigeants irakiens après une déclaration à la télévision satellitaire al-Arabiya dans laquelle il critiquait la gestion du pouvoir par le premier ministre chiite Nouri al-Maliki et la «marginalisation», selon lui, des sunnites.

Dans une déclaration à la presse mercredi, le président Jalal Talabani, un Kurde, a accusé cheikh Dhari d"«inciter à la violence confessionnelle» et a dit regretter que certains pays arabes, qu'il n'a pas nommés, lui fournissent de l'aide.

«Ceux qui croient qu'ils sont en train de travailler pour aider les Arabes sunnites ne font que ternir l'image des Kurdes et des chiites, comme Hareth Dhari, qui a incité à la violence confessionnelle et profite de l'aide que certains pays lui fournissent malheureusement», a dit M. Talabani.

Cheikh Dhari a aussi qualifié, sur al-Arabiya, les tribus d'al-Anbar, qui combattent al-Qaïda dans cette province rebelle de l'ouest de l'Irak, de bandits. «Ce sont des groupes de bandits et de voleurs utilisés par le gouvernement pour lutter contre al-Qaïda, qui combat les forces d'occupation américaine», a-t-il dit.

Répondant au dirigeant sunnite, cheikh Abdel Sattar Baziya, chef du clan Abou Richa et président du conseil tribal d'al-Anbar, l'a accusé de recueillir des fonds pour les takfiri (extrémistes sunnites).

La province d'al-Anbar, où se trouvent notamment les villes rebelles de Fallouja et de Ramadi, est le bastion de l'insurrection sunnite en Irak. Mais celle-ci est divisée entre résistance locale et combattants d'al-Qaïda, venus souvent de l'étranger, qui ne s'inscrivent pas dans les enjeux de pouvoir locaux et n'ont pas hésité à faire assassiner des cheikhs hostiles.

Par ailleurs, au moins 70 victimes de l'enlèvement de mardi à Bagdad sont toujours portées disparues, certaines ont été tuées et la plupart torturées, a assuré hier le ministre de l'Enseignement supérieur.