Enlèvement spectaculaire à Bagdad - Maliki ordonne la traque des ravisseurs

Bagdad — Le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a ordonné hier la traque des auteurs d'un enlèvement collectif spectaculaire commis la veille dans un ministère de Bagdad, et attribué à des milices, après la libération de la grande majorité des dizaines d'otages.

Entre-temps, la violence a coûté la vie à 22 personnes en Irak, alors que les corps de 18 personnes criblés de balles ont été découverts à travers le pays, dont 10 à Latifiyah, à 40 km au sud de Bagdad.

Selon des sources concordantes, la grande majorité des otages enlevés mardi en plein jour par des hommes armés portant des uniformes de commandos de la police irakienne, dans un bâtiment du ministère de l'Enseignement supérieur à Bagdad, ont été libérés. Mais le nombre des personnes enlevées diffère selon les sources.

«Seules deux personnes restent aux mains des ravisseurs» après la libération de 20 personnes mardi et de 17 autres hier, a déclaré le porte-parole de M. Maliki, Ali al-Dabbagh. Selon lui, 39 personnes au total avaient été enlevées: 16 employés, 5 visiteurs et 18 gardes de la Force de protection des installations.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Abed Diab al-Oujaili, avait pour sa part indiqué que près de 100 employés et visiteurs avaient été enlevés par les assaillants.

Membre du Front de la Concorde, le principal bloc parlementaire sunnite, M. Oujaili a décidé de «suspendre sa participation au gouvernement jusqu'à la libération de tous les otages», a également annoncé son porte-parole.

«Je veux à tout prix ceux qui ont commis ces actes et je l'ai bien signifié au ministre de l'Intérieur», a déclaré M. Maliki dans une allocution devant les étudiants de l'université de Bagdad, retransmise en direct sur la chaîne de télévision publique Iraqia.

«Cela ne me suffit pas que les otages soient libérés, je veux les ravisseurs, c'est notre combat», a-t-il dit, promettant d'assurer la sécurité des universités, des étudiants et professeurs, et de mettre les établissements universitaires «à l'abri des conflits confessionnels et partisans».

Dans une déclaration la veille sur Iraqia, M. Maliki a affirmé que cet enlèvement relevait «d'un conflit entre milices. Ce qui s'est passé n'a rien à voir avec le terrorisme, c'est le résultat d'un conflit entre les milices de tel ou tel camp».

Washington fait pression depuis des mois sur le gouvernement irakien pour que les milices soient démantelées, mais la plus puissante d'entre elles, l'Armée du Mahdi, est contrôlée par le chef radical chiite Moqtada Sadr, qui est devenu un acteur incontournable du processus politique et un soutien de M. Maliki.