Le Hamas et le Fatah se seraient entendus - Un universitaire futur premier ministre palestinien

Mohamed Chbaïr était en classe hier pendant que son nom était sur toutes les lèvres.
Photo: Agence Reuters Mohamed Chbaïr était en classe hier pendant que son nom était sur toutes les lèvres.

Gaza — Le Hamas et le Fatah se seraient entendus hier sur le choix du futur premier ministre palestinien, chargé de prendre la tête d'un gouvernement d'union censé obtenir la levée du blocus financier imposé par les Occidentaux.

Les deux formations ont retenu Mohamed Chbaïr, 60 ans, ancien président de l'Université islamique de Gaza, pour succéder à Ismaïl Haniyeh, ont déclaré des négociateurs des deux camps. Ce choix n'est pas encore officiel, car il doit être approuvé par le président palestinien Mahmoud Abbas.

Ce dernier a entamé hier une visite de deux jours en Jordanie, et il ne devrait pas être en mesure de confirmer officiellement le nom du premier ministre avant la fin de la semaine, au plus tôt.

«Nous pouvons dire que le Fatah n'a pas soulevé d'objections. Mohamed Chbaïr est un candidat du Hamas et le Fatah n'a pas d'objection. C'est pourquoi il a de grandes chances», a commenté Roudouane al Akhras, porte-parole du groupe parlementaire du Fatah.

Un responsable a assuré que Chbaïr, ancien président de l'Université islamique de Gaza considéré comme proche du Hamas au pouvoir, avait accepté le poste. Mais Chbaïr a déclaré qu'on n'avait pas pris contact officiellement avec lui. «Quand le président me le demandera, je me prononcerai», a-t-il dit.

Outre le délai dû à l'accord nécessaire d'Abbas, on ignore si le Hamas est disposé à rendre officiel le choix de Chbaïr avant la composition définitive du gouvernement d'union.

Les Palestiniens tentent de former ce gouvernement d'union dans l'espoir que les États-Unis et l'Union européenne reprendront leur aide directe à l'Autorité palestinienne, suspendue après l'arrivée du Hamas au pouvoir en mars.

Les Occidentaux exigent que tout gouvernement palestinien reconnaisse le droit à l'existence d'Israël, approuve les accords passés entre Palestiniens et Israéliens et renonce à la violence. Le Hamas, vainqueur des élections législatives de janvier, rejette ces exigences.

Même si le Hamas a lui-même proposé le nom de Chbaïr, diplômé aux États-Unis et considéré comme un proche du Mouvement de la résistance islamique, il refuse encore de dire qu'il s'agit du prochain premier ministre.