Un rapport de Human Rights Watch - La torture est systématique en Tchétchénie

Moscou — Les forces fédérales du ministère russe de l'Intérieur et celles du premier ministre tchétchène, Ramzan Kadyrov, pratiquent «systématiquement» la torture dans les centres de détention officiels et secrets de Tchétchénie, a accusé hier Human Rights Watch (HRW).

«La torture, dans des centres de détention tant officiels que secrets, est répandue et systématique en Tchétchénie», a déclaré l'organisation de défense des droits de l'homme dans un rapport, rapidement dénoncé par des responsables russes et tchétchènes pro-russes.

HRW appelle le comité contre la torture de l'Organisation des Nations unies à «envoyer un message clair à la Russie pour qu'elle cesse, punisse et prévienne les actes de torture» et l'Union européenne à faire des recommandations de ce comité «une partie intégrante de ses relations bilatérales avec la Russie».

«Si vous êtes détenu en Tchétchénie, vous courez un risque réel et immédiat de torture», a déclaré la directrice pour l'Europe et l'Asie centrale de Human Rights Watch, Holly Cartner, dans un communiqué de l'organisation basée à New York.

Les autorités tchétchènes ont démenti hier soir ces informations. «Cette information est fausse. Si la torture existait vraiment, nous parlerions de ce problème tout comme le feraient les parents de prisonniers», a affirméle vice-premier ministre et représentant à Moscou de la Tchétchénie, Ziad Sabsadi.

Le deuxième bureau opérationnel d'enquête (ORB-2) mis en cause par HRW «est accusé de tous les maux», a déclaré de son côté l'adjoint au responsable de presse de l'état-major de réaction rapide du ministère fédéral de l'Intérieur en Tchétchénie, Nikolaï Varavine, contacté par téléphone.

Ces accusations viennent de personnes «ayant commis des crimes particulièrement lourds dans le but de faire alléger leurs condamnations» et «de conduire à la fermeture» de ce service, a-t-il affirmé.

HRW a étudié plus d'une centaine de cas de torture et a examiné des recherches menées par les principales organisations russes de défense des droits.