Proche-Orient - Imposer la terre en échange de la paix

Le Caire — Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe réunis hier en session extraordinaire au Caire ont réclamé la tenue d'une conférence internationale sur le conflit israélo-palestinien afin de parvenir à un règlement fondé sur le principe de la terre en échange de la paix.

Réunis d'urgence après la mort de 19 civils palestiniens dans le bombardement israélien de Beït Hanoun, dans la bande de Gaza, mercredi, les ministres déclarent dans un communiqué que les membres permanents du Conseil de sécurité, Israël et les Arabes seraient invités à cette conférence de paix.

Cette réunion aurait pour objectif de «parvenir à une solution juste et globale au conflit israélo-arabe par tous les moyens conformes aux résolutions internationales pertinentes et au principe de la terre contre la paix», précise ce communiqué.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères Mahmoud Zahar, membre du Hamas, a accepté hier la proposition arabe. C'est la première fois que le gouvernement du Hamas se montre prêt à discuter avec l'État hébreu. Le parti entend ainsi répondre au veto américain qui a empêché samedi l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui aurait condamné l'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza.

Briser le blocus économique

Les chefs de la diplomatie arabes se sont aussi engagés hier au Caire à briser le blocus économique international imposé aux Palestiniens depuis l'entrée en fonctions en mars du gouvernement formé par le mouvement islamiste Hamas. Les pays de la Ligue arabe ont convenu de verser des fonds à destination de l'Autorité palestinienne sans détailler la formule retenue pour ces versements. «Les banques arabes vont transférer les fonds sans se soumettre à de quelconques restrictions imposées sur les banques. Les banques arabes doivent transférer ces fonds», a déclaré Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, sans plus de précisions.

L'économie palestinienne, déjà exsangue, est saignée à blanc depuis l'entrée en fonctions du gouvernement du Hamas, privé d'aides financières par les États-Unis et l'Union européenne, ses deux principaux donateurs. Le transfert des fonds promis par certains pays arabes à l'Autorité palestinienne a également été bloqué par Israël, empêchant le paiement des salaires de dizaines de milliers de fonctionnaires palestiniens.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Mahmoud Zahar, a estimé que la décision de la Ligue arabe faciliterait la formation d'un gouvernement d'union nationale, objet actuellement de négociations entre le Hamas et le Fatah, ce qui, par ricochet, permettrait de lever le blocus économique imposé aux Palestiniens. «La décision des pays arabes de lever le blocus économique est extrêmement importante, elle signifie que les Arabes renoueront avec les moyens habituels de verser l'aide», a-t-il dit.

Pour reprendre leurs aides directes, les pays occidentaux exigent que le Hamas renonce à la violence et reconnaisse Israël ainsi que les accords israélo-palestiniens passés.

M. Zahar a reconnu que «cela prendrait du temps» avant que les fonds ne reviennent abonder les caisses de l'Autorité palestinienne mais, a-t-il dit, «sur la base de cette décision des pays arabes, nous tenterons de briser le blocus international».