Bagdad calcule que la guerre a fait 150 000 morts

Bagdad — Les violences en Irak ont fait entre 100 000 et 150 000 morts irakiens depuis l'invasion du pays en mars 2003 par les forces américano-britanniques, selon des chiffres obtenus hier auprès du ministère irakien de la Santé.

«Entre 100 000 et 150 000 Irakiens ont été tués en plus de trois ans et demi de guerre», a annoncé hier un responsable du ministère de la Santé, qui a requis l'anonymat, révisant une première annonce de 150 000 victimes.

Le ministre de la Santé, Ali al-Chemmari, en visite à Vienne, n'était pas joignable immédiatement pour commenter ce chiffre.

«Ces personnes ont été victimes d'actes terroristes, de combats et de meurtres», a ajouté le responsable du ministère.

«Quelque 75 à 80 personnes sont tuées en moyenne tous les jours en Irak», en proie depuis plusieurs mois à des violences confessionnelles, a-t-il affirmé en se basant sur les dernières statistiques de son ministère.

«Nous établissons des statistiques quotidiennes [...]. Nous actualisons nos chiffres tous les mois et nous faisons un nouveau bilan tous les six mois», a-t-il expliqué.

Selon ce responsable, la moyenne de victimes quotidiennes peut augmenter considérablement en fonction des événements. Ainsi, le 18 août 2005, près de 1000 pèlerins chiites sont morts lors d'une bousculade sur un pont de Bagdad.

Selon une étude parue en octobre dans la revue médicale britannique Lancet, conduite par des médecins de l'université américaine Johns Hopkins et de l'école de médecine Al Mustansiriya de Bagdad, près de 655 000 civils sont morts en Irak entre mars 2003 et juillet 2006.

Cette étude a été jugée peu crédible et exagérée par les États-Unis, la Grande-Bretagne et les dirigeants irakiens.

La précédente estimation, parue dans la même revue médicale britannique en octobre 2004, était d'environ 100 000 morts de civils liées à cette invasion entre mars 2003 et septembre 2004. Cette nouvelle estimation s'étend jusqu'à juillet 2006.

Dans un rapport publié en septembre, les Nations unies avaient affirmé que plus de 100 Irakiens périssaient de mort violente chaque jour, donnant des chiffres «sans précédent» de 3590 civils tués en juillet et 3009 en août.

Les violences ont explosé en Irak depuis un attentat en février contre le mausolée chiite de la ville sunnite de Samarra, qui a embrasé les deux communautés.