La violence est en hausse - Bagdad ne pleure pas le départ de Rumsfeld

Bagdad — Un quartier sunnite de Bagdad a été la cible de violentes attaques au mortier dans la nuit tandis que les violences se sont intensifiées depuis 24 heures en Irak, dont les responsables affirmaient hier ne pas regretter le départ du secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld.

Au moins 27 Irakiens ont été tués hier dans des violences, dont 16 dans des attentats qui ont frappé la capitale, touchée dans la nuit par plusieurs dizaines d'obus de mortier sur le quartier sunnite d'Adhamiya.

Les violences ont redoublé d'intensité ces dernières 24 heures, après la levée du couvre-feu imposé dimanche, jour du verdict dans le procès de l'ancien président Saddam Hussein, condamné à mort pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 80.

Rumsfeld

De nombreux hommes politiques irakiens ont accueilli le départ de Donald Rumsfeld sans déplaisir, même s'ils doutent que cette démission soit le prélude à un changement radical de la politique américaine en Irak.

«Cette démission est bien tardive. Elle aurait dû se produire dès la révélation du scandale d'Abou Ghraïb, au printemps 2004», a déclaré le député kurde Mahmoud Othman en allusion aux révélations de sévices infligés aux prisonniers par des soldats américains dans cette prison à l'ouest de Bagdad.

«La démission de Rumsfeld était attendue après les résultats des élections, mais nous croyons que les erreurs qu'il a commises en Irak sont trop graves et ont laissé des marques trop profondes pour être réparées», a jugé Adnan al-Doulaïmi, du Front de la concorde, principale coalition sunnite.

Même les responsables chiites, plus proches de Washington, ne manifestent guère d'émotion à l'idée du départ de M. Rumsfeld.

«C'est une affaire intérieure américaine. Nous travaillons avec une administration, pas un individu. Nous nous attendons à ce que le prochain secrétaire à la Défense, quel qu'il soit, nous aide à remporter la victoire dans la guerre contre le terrorisme», a affirmé Bassam Ridha, conseiller du premier ministre.