Le monde vit mieux, mais l'Afrique stagne

Le Cap — La plupart des régions du monde vivent mieux aujourd'hui qu'il y a 30 ans, à l'exception de l'Afrique noire, où des dizaines de millions d'habitants sont exposés aux ravages du sida, indique un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Dans son rapport annuel sur le développement humain, rendu public hier, le PNUD souligne que la maladie a réduit l'espérance de vie en Afrique subsaharienne.

L'indice de développement humain (IDH) du PNUD, qui mesure la richesse, l'espérance de vie et l'éducation de 175 pays, place la Norvège en tête pour 2006 et le Niger en dernier, comme l'an dernier. «Les habitants de la Norvège sont plus de 40 fois plus riches et vivent deux fois plus longtemps que ceux du Niger», indique le rapport, qui dresse un tableau sombre des pays en queue de liste.

L'Islande, l'Australie, l'Irlande et la Suède suivent la Norvège en tête tandis que la Sierra Leone, le Mali, le Burkina Faso et la Guinée-Bissau précèdent le Niger en bas de liste.

Dans son ensemble, le monde a connu ces dernières décennies un progrès sans précédent en matière de richesses matérielles, mais «cette prospérité n'a pas été également partagée», souligne le rapport. «Pauvreté de masse, inégalités profondément enracinées et absence d'émancipation politique ont contribué à priver une grande partie de la population du monde de la liberté de faire des choix», poursuit le rapport.

Le revenu cumulé des 500 personnes les plus riches du monde dépasse désormais celui des 416 millions de personnes les plus pauvres. Au sein des 31 pays ayant le plus bas IDH, l'espérance de vie moyenne est de 46 ans, soit 32 ans de moins que dans les pays les plus riches.

Le virus du sida a réduit depuis 30 ans l'espérance de vie en Afrique noire, où on recense les deux tiers de la totalité des 40 millions de personnes contaminées. Ainsi, l'espérance de vie au Swaziland est de 31,3 ans, contre 47 ans en Afrique du Sud et 82,2 ans au Japon.