Un camp militaire pakistanais est l'objet d'un attentat

Peshawar — Au moins 42 soldats pakistanais ont été tués hier lors d'une attaque suicide contre un centre de recrutement de l'armée du nord-ouest du pays, menée apparemment en réponse à un raid militaire contre une école coranique voisine qui avait fait 80 morts le 30 octobre.

Cette attaque, la plus sanglante contre l'armée pakistanaise depuis l'alignement d'Islamabad sur les États-Unis dans leur «guerre contre le terrorisme», fin 2001, apparaît comme une vengeance de militants islamistes après le raid du 30 octobre, a estimé le ministre de l'Intérieur, Aftab Sherpao.

Le kamikaze a réussi à pénétrer à l'intérieur du camp militaire de Dargai, à 70 kilomètres au nord de Peshawar, la grande ville du nord-ouest du Pakistan frontalier de l'Afghanistan, et s'est fait exploser parmi un groupe de recrues qui s'entraînaient.

«Quarante-deux soldats ont été tués dans l'attaque et plusieurs autres blessés, dont certains sont dans un état grave», a affirmé le porte-parole des forces armées pakistanaises, le général Shaukat Sultan.

L'attaque s'est déroulée contre un centre de recrutement du régiment du Pendjab situé à seulement quelques kilomètres de la zone tribale pakistanaise, fief des militants islamistes, qui se désignent eux-mêmes comme des «talibans pakistanais».

Le centre, proche de la ville de Malakand, est situé à une vingtaine de kilomètres de Chinagai, dans le district de Bajaur, où, le 30 octobre, un raid militaire a détruit une madrassa qui servait, selon les autorités pakistanaises, de centre d'entraînement à des militants liés à al-Qaïda.

Quelque 80 personnes, dont le chef de la madrassa, le mollah Liaqat, recherché par les autorités, et plusieurs de ses proches, avaient été tuées dans ce raid, mené, selon Islamabad, par des hélicoptères de l'armée pakistanaise.

Sous couvert d'anonymat, de nombreux analystes et spécialistes estiment que le raid contre la madrassa de Bajaur n'avait pas pu être mené sans l'expertise des services de renseignement américains basés en Afghanistan, juste de l'autre côté de la frontière.

Un correspondant anonyme a revendiqué l'attaque au nom des «talibans pakistanais» auprès du chef du bureau de Peshawar du quotidien de langue anglaise The News, Rahimullah Yousafzai, et affirmé qu'elle avait été menée en représailles au raid de Bajaur.

L'homme, affirmant parler au nom d'un groupe conduit par un certain Abu Kalim Mohammad Ansari, a ajouté que son groupe disposait de 275 volontaires à des attentats suicides.