Les sunnites menacent de quitter le gouvernement irakien

Bagdad — Les sunnites ont menacé hier de quitter le gouvernement irakien et de prendre les armes si le premier ministre chiite Nouri al-Maliki ne cesse pas d'«accaparer» le pouvoir et ne démantèle pas les milices, alors que les violences ont fait 46 morts après une accalmie en Irak.

Entre-temps, l'ambassadeur des États-Unis en Irak, Zalmay Khalilzad, a voulu rassurer les Irakiens après la victoire des démocrates aux élections parlementaires américaines, affirmant que le président républicain George W. Bush demeurait «l'architecte» de la politique étrangère de son pays.

Les démocrates, qui ont fait de l'Irak un sujet majeur du scrutin, ont immédiatement réclamé après leur victoire un changement de stratégie dans ce pays en proie à une violence meurtrière endémique, et où sont toujours déployés quelque 140 000 GI's près de quatre ans après l'invasion de mars 2003.

Le Front de la Concorde, le principal bloc parlementaire sunnite, a menacé de quitter le gouvernement d'union nationale accusant M. Nouri d'«accaparer» l'appareil de l'État. «Nous avons envoyé depuis deux semaines une lettre aux autres groupes du gouvernement, leur rappelant nos demandes, à savoir: un rééquilibrage de l'appareil politique et le démantèlement des milices», a déclaré le porte-parole du Front, Salim Abdallah al-Joubouri. «Si nos demandes ne sont pas satisfaites, nous allons nous retirer du processus politique et nous n'aurons d'autre choix que de prendre les armes», a affirmé ce député, dont le bloc compte 44 députés et dispose de cinq portefeuilles ministériels.

Les sunnites, dont est issu le président déchu Saddam Hussein, avaient participé à la grande satisfaction des États-Unis aux législatives de décembre 2005 et au gouvernement Maliki formé en mai. Mais ils multiplient désormais les déclarations hostiles. L'un des principaux dirigeants sunnites, Adnane al-Doulaïmi, a accusé le gouvernement Maliki de fermer les yeux sur les «crimes abjects» commis par les milices chiites à l'encontre des sunnites.

Et le vice-président irakien Tarek al-Hachemi, un sunnite, a accusé «le gouvernement d'accaparer tous les pouvoirs. Il ne consulte pas et ne se coordonne pas avec ses partenaires». «Si cette politique se poursuit, et si M. Maliki ne respecte pas les engagements pris avec le Front de la Concorde, nous étudierons la question de notre retrait du gouvernement», a-t-il averti.