Dix-huit Palestiniens sont tués - Une bavure israélienne soulève la réprobation générale

Des Palestiniens ont transporté hier un jeune garçon blessé par des tirs israéliens à Beït Hanoun.
Photo: Agence Reuters Des Palestiniens ont transporté hier un jeune garçon blessé par des tirs israéliens à Beït Hanoun.

La sanglante bavure de l'artillerie israélienne, qui a causé hier la mort d'une vingtaine de Palestiniens, en majorité des femmes et des enfants, a été condamnée par de nombreux pays, pour l'essentiel partisans du droit d'Israël à se défendre, mais pas à ce prix.

Plusieurs pays européens et arabes ont protesté contre la brutalité de l'attaque, dont témoignent les images d'enfants blessés retransmises par les télévisions du monde entier, et qui est «déplorée» par les dirigeants israéliens eux-mêmes.

Les États-Unis se sont abstenus de critiquer leur allié israélien, affirmant «regretter profondément» la bavure de Beït Hanoun et appelant à la retenue.

Le ministre canadien des Affaires étrangères a pour sa part refusé d'émettre toute critique contre Israël. Il n'a cependant pas hésité à critiquer sévèrement les déclarations de Ghazi Hamad, porte-parole du gouvernement palestinien.

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira aujourd'hui pour un débat sur les événements sanglants de Gaza, ont indiqué des diplomates. La réunion a été annoncée alors que le Qatar, seul État arabe membre du Conseil, faisait circuler un projet de résolution condamnant ce qu'il appelle le «massacre» de Palestiniens par Israël à Beit Hanoun.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a qualifié la mort de ces civils de «massacre horrible et révoltant» et a estimé que les tirs de roquettes sur Israël, qu'il a condamnés, ne justifiaient pas un tel acte.

En exil à Damas, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, a promis de venger la mort des civils tués dans le bombardement. «Nous condamnons ce massacre et nous disons: notre condamnation ne sera pas verbale mais effective; la résistance va riposter», a-t-il dit.

Le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a réclamé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité des Nations unies. Il a aussi demandé la suspension des discussions que mènent actuellement sa formation, le Hamas, et le Fatah de Mahmoud Abbas pour la formation d'un gouvernement d'union.

À Bruxelles, Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne aux Affaires étrangères, a déploré un «événement profondément choquant». «Israël a le droit de se défendre, mais pas au prix de vies innocentes», s'est-elle indignée dans un communiqué.

L'Organisation de la conférence islamique (OCI), accusant Israël de crime de guerre, a interpellé les Nations unies.

Javier Solana, le porte-parole de la diplomatie européenne a lancé un appel à l'arrêt du cycle de la violence. «Nous devons donner une chance au processus de réconciliation entre Palestiniens», a-t-il dit.

Dénonçant des «massacres incompréhensibles», Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, a invité les États membres à une réaction officielle.

L'armée israélienne a dit avoir bombardé à l'artillerie le nord de la bande de Gaza en représailles à des tirs de roquettes palestiniennes en Israël. D'après les médias israéliens, l'un de ces tirs d'artillerie aurait raté sa cible, un site de tirs de roquettes, situé à environ un kilomètre de Beït Hanoun. Une porte-parole de l'armée israélienne a déclaré ne pas être en mesure de confirmer cette version des faits.

D'après le ministère palestinien de la Santé et des témoins, le bombardement israélien a causé la mort de 18 civils, dont sept enfants et quatre femmes, blessé 54 personnes et touché au moins sept maisons.

Le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, a fait part de ses «regrets pour la mort de civils palestiniens». Il a proposé une «aide humanitaire d'urgence à l'Autorité palestinienne et une assistance médicale pour les blessés».

Le ministre de la Défense, Amir Peretz, a annoncé l'ouverture d'une enquête et la suspension des bombardements dans la bande de Gaza. La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a qualifié ces événements d'«incident regrettable».