Amnistie internationale accuse - Torture et viols sont monnaie courante dans les postes de police russes

Dans les postes de police russes, la torture et les mauvais traitements font presque partie de la routine. La jeune Marina, 20 ans, accusée d'avoir conduit en état d'ébriété, l'a appris à ses dépens en mars 1999.

Brutalisée et violée par les policiers, elle cherche toujours, trois ans après le drame, à obtenir justice. Pour dénoncer la multiplication des violations des droits humains en Russie, Amnistie internationale (AI) a lancé hier une campagne de sensibilisation à l'échelle de la planète et invite les Québécois à prendre leur plume pour inciter les dirigeants russes à mettre un terme à ces pratiques.

La Fédération de Russie a beau avoir ratifié de nombreux traités en matière de droits humains, dans les faits, les mauvais traitements et les viols se poursuivent à l'égard des femmes et les conditions de détention inhumaines dans les prisons surpeuplées et insalubres ont toujours cours, tout comme la violence à l'endroit des minorités ethniques ou religieuses, révèle un rapport publié hier par AI.

De plus, accuse l'organisation, les autorités russes ont permis l'instauration d'un climat d'impunité en Tchétchénie, où les disparitions, les exécutions extrajudiciaires, les viols et les actes de torture sont devenus chose courante depuis le début du conflit.

La récente prise d'otages à Moscou n'est qu'une «illus-

tration du pourrissement de la situation en Tchétchénie», selon Anne Sainte-Marie, d'AI. L'assaut mené par les forces russes à l'aide d'un gaz — dont le gouvernement refuse de révéler la nature — s'inscrit également dans le cadre des méthodes utilisées fréquemment par les autorités russes, plus soucieuses de protéger leurs opérations contre toute critique que de considérer les vies humaines en jeu, estime Mme Sainte-Marie: «C'est une chape de silence, il n'y aura pas d'enquête indépendante et on cache de l'information.»

Les documents reliés à la campagne baptisée «Justice pour tous» peuvent être consultés

sur le site Internet d'Amnistie (http://www.amnistie.qc.ca/Rus

sie). L'organisation réclame notamment la mise sur pied d'un organisme indépendant chargé d'enquêter sur les actes de tor-

ture, ainsi que l'adoption d'une loi afin que la violence conjuga-

le soit considérée comme une

infraction.