Arafat remporte une victoire

Ramallah et Jérusalem — Le nouveau gouvernement présenté par Yasser Arafat a été largement approuvé par le Parlement palestinien hier alors qu'en Israël, la coalition au pouvoir est fortement menacée à cause d'un désaccord sur le budget.

Le Conseil législatif palestinien a entériné par 56 voix contre 18 la composition du nouveau cabinet d'Arafat, pressé par la communauté internationale de réformer son administration. Or, cette nouvelle équipe dirigeante comporte davantage de figures anciennes de la politique palestinienne que de véritables réformateurs.

Le président de l'Autorité autonome a présenté son nouveau gouverment dans un discours au Parlement à la tonalité tour à tour conciliante et provocatrice à l'égard d'Israël. Malgré le vote largement favorable à Arafat, le vieux «raïs» a été à plusieurs reprises la cible de critiques acerbes des élus palestiniens lors d'une séance parfois houleuse. «Je ne vous permettrai pas de m'humilier», a-t-il lancé à Abdel Jawad Salah, un député non inscrit qui l'accusait de corruption.

Le «raïs» palestinien a aussi réitéré sa condamnation de «tous les actes terroristes qui frappent des civils» et affirmé que les Palestiniens ont fait de la paix leur «axe stratégique».

Israël comme les États-Unis risquent toutefois de ne pas se satisfaire des propos tenus par le dirigeant palestinien. Ce dernier n'a en effet inclus que cinq personnalités nouvelles dans une équipe gouvernementale ramenée de 21 membres à 19. Et le ministre de l'Intérieur réformiste, Abdel-Razzak Yahia, très apprécié par les Américains, a été remplacé par Hani al Hassan, une figure de proue du Fatah, le mouvement d'Arafat.

L'allocution d'Arafat a coïncidé en Israël avec une joute politique sur le financement des colonies juives en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, qui a failli provoquer l'éclatement de la coalition soutenant le gouvernement d'Ariel Sharon. Le Parti travailliste, partenaire du Likoud de Sharon au gouvernement, a décidé de voter contre le budget proposé par ce dernier s'il ne revoit pas à la baisse les crédits prévus aux colonies.