Poutine flirte avec la doctrine des frappes préventives

Le président russe Vladimir Poutine, qui a reçu hier les chefs des «ministères de force» (Défense, Intérieur et FSB, ex-KGB), les a chargés d'élaborer cette doctrine qui «inclut obligatoirement l'utilisation des forces armées» dans la lutte antiterroriste, a rapporté hier le ministre de la Défense, Sergueï Ivanov.

En Tchétchénie, les détachements militaire stationnés à long terme seront renforcés, les effectifs superflus retirés et les unités mieux équipées, a-t-il dit en substance, soulignant que les soldats «seront engagés dans des opérations ciblées contre les chefs des bandes armées». «Nous comprenons, a-t-il ajouté, que la menace se trouve aussi à l'extérieur. Il ne s'agit pas seulement des exécutants mais aussi de ceux qui les inspirent et de ceux qui les financent.»

La veille, Vladimir Poutine avait promis de poursuivre les terroristes «où qu'ils se trouvent» et annoncé une réforme de l'emploi des forces armées. Celle-ci, selon les analystes du quotidien Vremia Novostiéï, pourrait signifier que la Russie s'apprête à renoncer à la doctrine de la dissuasion, l'ennemi n'étant plus l'OTAN mais le terrorisme, pour se tourner vers une conception à l'américaine de la prévention.

La Russie, souligne le journal, a notamment besoin de «compagnies de forces spéciales capables d'opérer derrière les lignes ennemies et de fournir les coordonnées des bases terroristes pour des systèmes d'armes de haute précision».