Tel-Aviv veut associer les pays arabes modérés au processus de paix

Un plan de paix saoudien pour le Proche-Orient, resté lettre morte depuis quatre ans, est revenu récemment à l'ordre du jour, au point d'être considéré comme une possible «base de négociations» par le gouvernement israélien.

«Des choses sont en train d'être faites. Nous essayons de concocter des propositions qui pourraient être soumises aux Palestiniens si le soldat [israélien Gilad Shalit, enlevé l'été dernier par des activistes palestiniens] est libéré et si les tirs de roquettes depuis Gaza cessent», a affirmé hier à Montréal un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères israélien devant un groupe de journalistes.

Ces conditions ne sont pas réunies à l'heure actuelle, malgré l'offensive israélienne très musclée menée la semaine dernière en territoire palestinien. Si elle le devenaient, affirme Yigal Palmor, directeur du département Mahgreb-Syrie-Liban du ministère israélien, «nous pourrions reprendre l'initiative avec des propositions concrètes, en associant les pays arabes modérés car la médiation des Européens et des Américains ne suffit pas».

Selon le diplomate, le nouveau contexte créé par la guerre au Liban (en juillet et août) a en effet incité ces «pays arabes modérés à exprimer plus clairement leurs craintes quant à la volonté de l'Iran [protecteur de la milice chiite Hezbollah] de devenir une superpuissance régionale».

Ces pays s'entendent aujourd'hui pour renforcer les positions du premier ministre libanais Fouad Siniora et du président palestinien Mahmoud Abbas face, respectivement, au Hezbollah et au Hamas, a poursuivi M. Palmor.

La semaine dernière, le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, avait déclaré que «l'initiative saoudienne pourrait servir de base à une négociation».

Le mois précédent, des représentants de la monarchie saoudienne avaient eu des contacts discrets avec le gouvernement israélien.

Israël n'accepte pas pour autant l'ensemble du plan saoudien, qui avait été entériné en 2002 par la Ligue arabe. Jérusalem s'oppose notamment aux principes du droit de retour des réfugiés palestiniens et de la rétrocession de la totalité des territoires conquis en 1967.