Saddam veut réconcilier les Kurdes et les Arabes

Bagdad — Saddam Hussein, déjà condamné à mort pour crimes contre l'humanité il y a deux jours mais de retour hier devant ses juges pour répondre de génocide contre la communauté kurde, a appelé Kurdes et Arabes «à se réconcilier» tout en récusant les témoignages de rescapés de massacres perpétrés sous son régime.

«J'appelle les Arabes et les Kurdes en Irak à se réconcilier, à se pardonner et à se serrer la main», a dit sereinement le président déchu, répondant à un témoin à charge selon qui l'ancien président irakien Saddam Hussein considérait les Kurdes comme des saboteurs. «Vous pouvez me dire à quelle occasion Saddam a parlé de la sorte des Kurdes, qu'il aime comme les Arabes?», a demandé Saddam. Calmement, il a aussi récusé le témoignage d'un autre rescapé kurde qui détaillait des sévices. «Personne n'est en mesure de corroborer ce témoignage», a-t-il estimé.

Il n'a fait aucun commentaire sur sa condamnation à mort dimanche pour le massacre de villageois chiites dans les années 80.

L'ancien raïs a été condamné dimanche à la pendaison pour des crimes commis en 1982 dans la localité chiite de Doudjaïl, où des centaines de personnes furent tuées ou torturées après une tentative d'assassinat qui l'avait visé.

Ce verdict, accueilli dans la liesse parmi les chiites, a été condamné dans les milieux sunnites, qui considèrent le Haut Tribunal irakien comme un instrument de vengeance politique au service des chiites et des Kurdes avec l'appui des États-Unis. L'exécution de Saddam est improbable avant l'an prochain.

Après l'audience spectaculaire de dimanche, on s'interrogeait sur l'attitude qu'adopterait le condamné hier.

Par ailleurs, la violence s'est poursuivie hier à Bagdad alors que 17 personnes ont été tuées et 20 blessées hier soir dans un quartier chiite de Bagdad dans un attentat suicide commis dans un café.