Tchad - Des violences entre communautés font plus de 100 morts

N'Djamena — Des violences ont opposé ces derniers jours des communautés arabes et non arabes du Tchad dans deux régions du sud-est du pays, théâtre de récents combats entre l'armée et des rebelles tchadiens, faisant quelque 140 morts selon un bilan encore provisoire.

Une première vague d'affrontements a éclaté la semaine dernière entre Arabes et Kibets, des tribus non arabes, dans la région du Salamat. Le ministre de l'Administration territoriale, Ahmat Mahamat Bachir, a déclaré hier qu'un «problème» dont il n'a pas précisé la nature avait mis le feu aux poudres.

«Les Arabes des cantons voisins se sont ensuite organisés pour attaquer les villages des Kibets», a rapporté le ministre, joint au téléphone à Am-Timan, chef-lieu du Salamat, à 600 kilomètres à l'est de N'Djamena. «La situation est redevenue calme depuis trois jours», a-t-il assuré.

Le président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme (LTDH), Massalbaye Tenebaye, a pour sa part déclaré que ces violences, au nord d'Am-Timan, avaient fait au moins 140 morts et 38 blessés graves ainsi que plus de 400 cases brûlées.

Dans la soirée, le gouvernement a annoncé que d'autres heurts entre communautés arabes et non arabes avaient fait de «nombreuses victimes» ces derniers jours dans le département de Sila, situé au nord-est du Salamat.

«Des affrontements intercommunautaires ont eu lieu depuis le 4 novembre dans le canton de Mouro, département de Sila», a déclaré le porte-parole du gouvernement Hourmadji Moussa Doumgor. «Ces affrontements ont fait de nombreuses victimes de part et d'autre», a-t-il ajouté.