Un diplomate américain est abattu en Jordanie

Amman — Un diplomate américain a été assassiné hier à Amman, pour la première fois dans l'histoire de la Jordanie, où les autorités et l'ambassade des États-Unis ont condamné ce crime et oeuvrent de concert pour appréhender les auteurs.

Laurence Foley, était un responsable de l'Agence américaine pour l'aide internationale au développement (USAID) avec statut de diplomate.

À la suite de cet assassinat, l'ambassade des États-Unis à Amman a issu un communiqué appelant ses ressortissants à la vigilance.

Foley a été tué par huit balles tirées par un inconnu à 7h20 locales, alors qu'il se dirigeait vers sa voiture dans un quartier résidentiel de l'ouest d'Amman, pour se rendre au bureau.

Son épouse a vu «une personne fuyant les lieux à pied», alors que son mari baignait dans son sang, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

L'auteur aurait utilisé un silencieux et semblerait être un professionnel, a-t-on précisé de même source.

Les services de sécurité jordaniens n'ont pas encore opéré d'arrestation dans le cadre de l'enquête, mais plusieurs interpellations ont eu lieu, a déclaré à l'AFP dans la soirée un haut responsable jordanien.

Les autorités jordaniennes se dirigent de plus en plus vers la piste terroriste, mais en l'absence de revendication ou de preuve matérielle, gardent toutes les autres options ouvertes, a ajouté le haut responsable sous couvert de l'anonymat.

Le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer a affirmé que Washington «n'exclut pas» que l'assassinat soit un attentat.

De son côté, l'ambassadeur des États-Unis à Amman, Edward Gnehm, a affirmé que les États-Unis ne connaîtraient «pas de répit» avant l'arrestation des assassins du diplomate américain.

«Nous n'aurons pas de répit avant que la ou les personnes responsables de ce crime soient appréhendés», a indiqué l'ambassadeur lors d'une conférence de presse.

Il a souligné que «les États-Unis oeuvrent de pair avec les autorités jordaniennes» dans l'enquête.

Il s'agit du premier assassinat d'un diplomate américain en Jordanie, où plusieurs attentats avaient visé des diplomates israéliens depuis l'ouverture de l'ambassade d'Israël en Jordanie en 1994 à la suite du traité de paix signé entre les deux pays.

Cet assassinat est également le premier dans la région du Proche-Orient d'un diplomate occidental depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

Il survient au moment où les sentiments anti-américains en Jordanie et dans le monde arabe et musulman ont été exacerbés par les menaces de frappe des États-Unis contre l'Irak et l'attitude de l'administration du président George W. Bush, jugée pro-israélienne.

La Jordanie, pays voisin de l'Irak, s'est déclarée à maintes reprises opposée à une frappe en Irak et mis en garde contre ses graves répercussions pour toute la région.