Incidents à Budapest pour l'anniversaire de 1956 - Violence en Hongrie

Budapest — La Hongrie célébrait hier le 50e anniversaire du soulèvement de 1956 contre les Soviétiques en présence de nombreux chefs d'État étrangers, mais sans parvenir à masquer les profonds clivages politiques qui divisent le pays. La police hongroise a ainsi ouvert le feu hier avec des balles en caoutchouc sur des milliers de manifestants antigouvernementaux qui marchaient sur le parlement.

L'anniversaire a été précédé par un mois de manifestations contre le premier ministre socialiste, Ferenc Gyurcsany, qui a reconnu avoir menti au sujet de l'économie pour remporter les élections d'avril dernier.

Des accrochages ont eu lieu entre la police et des manifestants qui souhaitaient rallier une place située devant le parlement. Les forces de l'ordre sont parvenues à les éloigner du parlement et les ont contraints à rejoindre le parcours de la manifestation organisée par le Fidesz, principal parti de centre droit. La police les a ensuite repoussés vers la place Deak située dans le centre de la ville, en tirant des grenades lacrymogènes.

Certains manifestants, le visage caché par une écharpe, ont lancé des pierres en direction des policiers, a dit un témoin.

Dans la matinée, dix personnes avaient été arrêtées et certains manifestants molestés par la police qui tentait de les éloigner du parlement où se tenaient les cérémonies officielles en présence d'une cinquantaine de personnalités étrangères.

Pour éviter de nouveaux accrochages, le gouvernement a fermé la place située devant le parlement où devait avoir lieu une cérémonie. Il a également demandé aux journalistes de ne pas s'y rendre.

Une partie de la droite contestait aux socialistes, héritiers des communistes restés au pouvoir pendant encore 33 ans après l'écrasement de l'insurrection, le droit de présider les cérémonies.

Dans un discours prononcé à l'intérieur du parlement, M. Gyurcsany a dit que les Hongrois de 1956 n'avaient pas d'autre choix que de se rebeller mais que le pays, qui a rejoint l'Union européenne en 2004, était désormais une démocratie moderne.

«En dépit de déceptions et d'un mécontentement souvent justifiés, la majorité des Hongrois croient que la démocratie parlementaire est la plus appropriée pour exprimer la volonté du peuple, légiférer et définir un programme pour une Hongrie libre», a-t-il dit.

Quelque 2600 Hongrois sont morts en combattant les forces soviétiques et 200 autres ont par la suite été exécutés pour leur participation aux événements, tandis que 200 000 personnes prenaient le chemin de l'exil.