L'Iran maintient la ligne dure

Téhéran — L'Iran a affirmé hier sa détermination à poursuivre ses activités nucléaires sensibles, maintenant ainsi sa ligne dure face aux exigences de l'Europe et des États-Unis et s'exposant à de possibles sanctions à l'ONU.

Ce nouveau refus a été exprimé au lendemain de discussions sans accord à Berlin entre le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Larijani, et le représentant de la diplomatie de l'Union européenne, Javier Solana, qui cherche à convaincre Téhéran de suspendre l'enrichissement d'uranium.

«L'Iran ne voit aucune raison pour suspendre ses activités nucléaires», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki, cité par la télévision. La veille, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait donné le ton en affirmant que son pays «ne cèderait pas d'un pouce face à la pression».

Les Occidentaux craignent que l'Iran puisse utiliser son programme nucléaire civil à des fins militaires. Téhéran souligne que le Traité de non-prolifération nucléaire l'autorise à enrichir son uranium à des fins civiles. MM. Larijani et Solana ont conclu jeudi leur troisième série d'entretiens sur un simple constat de «progrès» et sont convenus d'un nouveau «contact» la semaine prochaine.

Selon des diplomates européens, le but de la rencontre était de savoir si Téhéran était prêt à suspendre son enrichissement d'uranium en échange de mesures économiques et diplomatiques et de l'engagement du groupe 5+1 (Chine, France, États-Unis, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) à ne pas faire adopter des sanctions à l'ONU.

Mais selon le département d'État américain, l'Iran n'a pas accepté une telle suspension à Berlin. L'Iran a jusque-là refusé de suspendre l'enrichissement d'uranium, malgré une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies le sommant de le faire au 31 août.

Pour M. Mottaki, les pays occidentaux «ont compris que le langage de la menace et un recours au Conseil de sécurité de l'ONU ne sont pas efficaces». Les États-Unis ont néanmoins averti que le temps était compté pour les négociateurs européens pour conclure un accord avec l'Iran afin qu'il renonce à l'enrichissement.