Mais où est donc Ben Laden?

Oussama ben Laden se serait déplacé vers les provinces afghanes de Kounar ou du Nouristan, voire peut-être vers le district de Bajour, situé dans les zones tribales de la province pakistanaise de la Frontière du Nord-Ouest.
Photo: Agence France-Presse (photo) Oussama ben Laden se serait déplacé vers les provinces afghanes de Kounar ou du Nouristan, voire peut-être vers le district de Bajour, situé dans les zones tribales de la province pakistanaise de la Frontière du Nord-Ouest.

Il semble que la nouvelle de la mort d'Oussama ben Laden, annoncée samedi par le journal français L'Est républicain sur la base d'une information obtenue auprès des services de renseignement français, soit quelque peu prématurée.

Pour Michael Scheuer, ancien chef de l'unité Ben Laden de la CIA, il ne fait aucun doute que le chef mythique du réseau al-Qaïda est toujours vivant.

«Al-Qaïda n'a jamais retenu d'information sur la mort d'un de ses principaux chefs. D'ailleurs, dans la culture d'al-Qaïda, la mort d'un chef est accueillie avec un mélange de douleur et de célébration», a affirmé M. Scheuer lors d'un entretien téléphonique.

En novembre 2001, la nouvelle de la mort de Mohammed Attef dans un raid aérien américain en Afghanistan avait été confirmée dans les 24 heures par une source au sein des talibans, fait ainsi remarquer M. Scheuer, qui a dirigé de 1996 à 1999 l'unité Ben Laden de la CIA, au sein de laquelle il est retourné travailler à titre de conseiller spécial de 2001 à 2004. Attef était considéré comme le «chef militaire» du réseau et l'instigateur des attentats perpétrés en 1998 contre deux ambassades américaines en Afrique.

Par la suite, en juin 2004, l'annonce de la mort du chef d'al-Qaïda en Arabie Saoudite, Abdulaziz al-Mukrin, au cours d'une fusillade, avait aussi été confirmée promptement sur un site islamiste par un groupe se faisant appeler «al-Qaïda dans la péninsule arabe», ajoute M. Scheuer, aujourd'hui professeur à l'université Georgetown de Washington et commentateur régulier au réseau CBS.

Mais alors, où se trouve le fugitif Oussama ben Laden, l'homme le plus recherché par les autorités américaines, qui offrent une prime de 25 millions pour sa capture?

«À la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan», répond Michael Scheuer, qui accrédite ainsi la plupart des thèses officielles. «Mais je suis en désaccord avec ceux qui pensent qu'il se trouve au Waziristan [une région frontalière située du côté pakistanais, où on a longtemps cru qu'il se cachait]. Je crois qu'il se trouve plus au nord, dans une immense région située au nord de [la ville afghane de] Jalalabad et dont la population est salafiste.»

M. Scheuer se trouve ainsi à accréditer une information parue récemment dans le magazine Internet AsiaTime Online, selon laquelle Ben Laden se serait déplacé vers les provinces afghanes de Kounar ou du Nouristan, voire peut-être vers le district de Bajour, situé dans les zones tribales de la province pakistanaise de la Frontière du Nord-Ouest.

M. Scheuer ne croit pas, comme l'avancent certains analystes, que le chef d'al-Qaïda ait pu trouver refuge dans une grande ville. «Ben Laden préfère les régions rurales, et c'est d'ailleurs dans les villes que les autorités pakistanaises et afghanes se sont avérées le plus efficaces» dans la traque des terroristes présumés.

Samedi dernier, le quotidien L'Est républicain a publié une note confidentielle de la Direction générale de la sécurité extérieure (le service de contre-espionnage français). Selon ce journal de Nancy, la note affirme que les services de sécurité saoudiens disposent d'informations selon lesquelles Ben Laden aurait succombé à une attaque de fièvre typhoïde le 23 août dernier au Pakistan.

Paris a immédiatement souligné que la note de la DGSE n'était corroborée par aucune autre source. Interrogé par un groupe de journalistes à Montréal samedi, le président afghan Hamid Karzaï a parlé de «conjectures». Le lendemain, les autorités saoudiennes et pakistanaises affirmaient ne disposer d'aucune information permettant d'affirmer qu'Oussama ben Laden n'était plus de ce monde. Enfin, un porte-parole des talibans annonçait mardi à la chaîne al-Arabya que le riche Saoudien est bel et bien vivant.

«Nous avons eu des tas de nouvelles voulant que Ben Laden soit décédé. Il meurt tout le temps et il n'est toujours pas mort. Il s'agit tout simplement d'une rumeur de plus qui s'est emballée», a noté Michael Scheuer.

La mort d'Oussama ben Laden avait déjà été annoncée à plusieurs reprises depuis les attentats du 11 septembre 2001. Des rumeurs l'ont fait mourir dans les bombardements sur le massif de Tora Bora, près du défilé du Khyber, des suites de sa maladie rénale chronique, de complications pulmonaires, etc. À d'autres occasions, des informations ont fait croire à sa capture imminente, avant d'être démenties à chaque fois.

Depuis le 11 septembre 2001, le chef d'al-Qaïda a diffusé plusieurs messages par l'entremise de la chaîne al-Jazira ou de sites Internet. Jusqu'en 2004, il est apparu en train de parler dans des vidéos. Depuis le 29 octobre de cette année-là, on a seulement pu entendre sa voix, ce qui a pu alimenter les conjectures autour de sa disparition.

«Il sait comment nous manipuler. Il cultive son aura. Il nous force à deviner ses intentions. [...] Je crois qu'il réapparaîtra s'il réussit de nouveau à frapper les États-Unis», juge Michael Scheuer. «En Occident, on ne connaît pas la puissance du silence», a ajouté l'expert en contre-terrorisme.

Selon M. Scheuer, Oussama ben Laden demeure un héros de premier plan dans le monde musulman, où il a «la réputation d'être impliqué dans deux guerres que les États-Unis sont en train de perdre».

L'ancien analyste de la CIA, qui a publié deux ouvrages sur al-Qaïda (Through Our Enemies' Eyes en 2003 et Imperial Hubris en 2004), s'inscrit également en faux contre les affirmations de certains de ses collègues du renseignement (affirmations volontiers reprises par le gouvernement de George W. Bush) voulant que la capacité opérationnelle d'al-Qaïda ait été fortement affaiblie après cinq années de «guerre contre le terrorisme».

«C'est une assertion, pas une analyse, a-t-il dit. Ça se résume à un décompte des cadavres. En fait, au départ, nous n'avions aucune idée des effectifs exacts d'al-Qaïda. À l'extérieur des États-Unis, la fréquence des attaques d'al-Qaïda n'a pas cessé d'augmenter. Elle n'a jamais été aussi grande qu'aujourd'hui.»
2 commentaires
  • claudine MAZZUCCA - Inscrite 28 septembre 2006 11 h 34

    Ma réaction sur Ben Laden

    J'ai l'impression que ce Ben Laden est un canular de Monsieur BUSH pour connaître les personnes qui ont une réaction raciste envers des juifs comme Ben Laden(ou juifs-arabes).
    Je vous rappelle qu'un raciste est une personne qui dénigre et colporte sur une autre personne de fausses informations et ainsi fait passer cette personne dont il est raciste pour un "salaud". Etant voyante, je peux passer pour une raciste, j'en suis consciente mais seulement moi, ce que je dis de mauvais sur une personne c'est dû à sa voyance personnelle, ou sur un groupe de personnes ou de races, c'est pour faire comprendre comment sont ces personnes. Comment me les projette ma voyance. Or, Ben Laden, je le vois bien et je ne pense pas qui soit le flibustier que l'on dit.

  • Normand Parent - Inscrit 28 septembre 2006 11 h 40

    LOCATION BEN LADEN

    Il est curieux qu'avec toutes les ressources, la technologie et bien d'autres éléments, que les Américains et autres pays participants de peuvent des informations valables ou crédibles concernant Ben Laden. S'il a réussi a fuir les Américains depuis 2001 et surtout continuer a faire son petit chemin, pas trop de louanges et crédibilité aux si puissant américains.