27 ans de prison - Le TPI condamne le Serbe de Bosnie Krajisnik

La Haye — Momcilo Krajisnik, un des plus hauts anciens responsables politiques des Serbes de Bosnie jugés par le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, a écopé hier de 27 ans de prison pour «purification ethnique» mais a été acquitté de génocide.

Cet ancien bras droit du leader politique des Serbes de Bosnie, le fugitif Radovan Karadzic, est coupable de persécutions, extermination, meurtres, déportations et transferts forcés, des crimes contre l'humanité, dans l'objectif de «recomposer éthniquement» la Bosnie-Herzégovine, a jugé le tribunal, l'acquitant des charges de génocide et complicité de génocide.

Selon la Chambre, l'existence d'actes génocidaires a été prouvée lors du procès, mais elle n'a pas condamné M. Krajisnik, estimant que son intention délibérée de commettre ces actes n'avait pas été prouvée.

L'ancien président de l'Assemblée des Serbes de Bosnie, 61 ans, la chevelure argentée, est resté de marbre en écoutant la lecture de sa sentence, se penchant seulement pour prendre quelques notes dès que les juges ont quitté la salle. Il avait plaidé non coupable. À la sortie du tribunal, son frère Mirko a indiqué aux journalistes que le condamné ferait appel.

Tout au long du procès, l'accusation avait insisté sur l'«entreprise criminelle commune» existant entre M. Krajisnik, l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic, Radovan Karadzic et le chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, également en fuite.

Durant le procès qui a duré deux ans et sept mois, 124 témoins avaient raconté les attaques de leurs villages, détaillant les meurtres et les exactions commises à l'encontre des Musulmans et Croates de Bosnie maintenus en détention dans 35 villes et villages.

En 1990, M. Krajisnik, 61 ans, avait fondé avec M. Karadzic le Parti démocratique serbe (SDS, nationaliste), principal parti des Serbes de Bosnie. Aux premières élections en Bosnie-Herzégovine, en 1990, Krajisnik avait été élu président du Parlement de Sarajevo. Il s'est exilé l'année suivante à Pale, la «capitale» de la République autoproclamée des Serbes de Bosnie (Republika Srpska), dont il a présidé l'Assemblée.

Le porte-parole du procureur Anton Nikiforov a indiqué que l'accusation étudiait le verdict avant un éventuel appel. Le procureur avait requis la prison à vie contre M. Krajisnik. Son avocat avait demandé son acquittement.