Le vice-premier ministre palestinien est libéré par Israël

Nasser Al-Chaër a été chaudement accueilli à sa sortie de prison.
Photo: Agence Reuters Nasser Al-Chaër a été chaudement accueilli à sa sortie de prison.

Le vice-premier ministre palestinien Nasser Al-Chaër, un dirigeant de premier plan du Hamas qui vient de passer cinq semaines dans une prison israélienne, a été libéré hier sur ordre d'un tribunal militaire israélien. Il avait été interpellé à son domicile le 19 août.

Fin juin, son nom avait été ajouté à la liste des personnes les plus recherchées par les Israéliens, qui avaient arrêté des dizaines de députés palestiniens et plusieurs ministres à la suite de l'enlèvement d'un caporal de Tsahal, Gilad Shalit, par des activistes venus de la bande de Gaza.

«J'aurais dû être libéré tout de suite. Pourquoi maintenant? Je l'ignore», a dit M. Chaër en entrant en Cisjordanie au point de passage de Kafr Kassem. «De toute façon, il n'y avait aucune raison de m'arrêter, pas plus que les autres membres du gouvernement palestinien.»

Un juge militaire israélien a ordonné la libération de M. Chaër «faute de preuves» et en l'absence d'un acte d'inculpation contre lui, a affirmé l'un des avocats, Oussama al-Saadi.

M. Chaër, qui était détenu à la prison de Petah Tikva, près de Tel-Aviv, a été relâché après avoir été présenté au juge dans un commissariat proche de la prison. Il a immédiatement pris la direction de sa maison dans la région de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, où il était attendu dans l'après-midi.

Un autre avocat, Farès Abou Al-Hassan, a affirmé que le juge militaire a assorti sa décision d'une interdiction faite à M. Chaër de se rendre à Ramallah, siège du gouvernement palestinien en Cisjordanie, ou à l'étranger jusqu'au 15 octobre.

M. Chaër, 44 ans, est arrivé près de deux heures après sa remise en liberté au barrage militaire israélien de Hawara à l'entrée de Naplouse, où des dizaines de ses proches l'attendaient. Un convoi de voitures ornées de drapeaux palestiniens et de bannières vertes du Hamas l'a ensuite conduit vers une salle de fête à Naplouse, où des centaines de sympathisants sont venus le saluer.

Il affirmé avoir été longuement interrogé par les enquêteurs israéliens sur ses fonctions au sein du gouvernement Hamas et sur le sort d'un soldat israélien enlevé le 25 juin dans une attaque à la lisière de la bande de Gaza par trois groupes armés, dont la branche militaire du Hamas.

Des soldats israéliens avaient arrêté M. Chaër le 19 août à l'aube à Ramallah, en Cisjordanie. L'armée avait affirmé que cette arrestation relevait de la lutte contre le mouvement radical Hamas.

L'armée israélienne a arrêté 64 responsables du Hamas, dont huit ministres et 29 députés, dans le cadre d'une vaste campagne contre le mouvement islamiste après l'enlèvement du soldat israélien. Plus de trente députés et membres du gouvernement de l'Autorité palestinienne, dont le président du Parlement Aziz Doweik, sont toujours détenus en Israël.

Lundi, un tribunal militaire israélien a annulé la décision de libérer sous caution 21 d'entre eux et a ordonné qu'ils restent en détention jusqu'à la fin de la procédure. Ces 21 membres du Hamas sont inculpés d'appartenance à un «groupe terroriste» et accusés de représenter une menace pour Israël.

Des commentateurs cités par la radio israélienne ont affirmé que la libération de M. Chaër pourrait augurer des progrès dans les tractations en cours pour obtenir l'élargissement du soldat israélien enlevé.