Bush fera publier le rapport sur le terrorisme

Washington — Le président américain George W. Bush a estimé hier qu'il était naïf de penser que la guerre en Irak avait accru la menace terroriste, rejetant les conclusions révélées dans la presse d'un rapport confidentiel des services de renseignement américains.

M. Bush a ordonné la publication partielle du rapport et accusé les auteurs des récentes fuites d'avoir agi à des fins politiques, quelques semaines avant les élections parlementaires.

Lors d'une conférence de presse avec le président afghan Hamid Karzaï, le président américain a reconnu que les terroristes utilisaient le conflit en Irak comme un outil de recrutement mais a vivement critiqué ceux qui «ont deviné ce qu'il y avait dans le rapport et ont conclu qu'aller en Irak était une erreur».

«Je ne suis pas du tout d'accord. Je pense qu'il est naïf et que c'est une erreur de penser qu'attaquer les gens qui veulent faire du mal aux Américains nous rend moins sûrs», a ajouté M. Bush.

Dimanche, le New York Times a affirmé, citant des responsables anonymes, que le rapport confidentiel concluait que «la guerre en Irak a aggravé le problème général du terrorisme».

Le Washington Post avait confirmé les informations de son concurrent, citant un responsable non identifié des services secrets selon lequel «il s'agit d'une analyse très franche» de la situation, qui «énonce des évidences».

Un responsable au courant des conclusions du document a déclaré sous le couvert de l'anonymat que le document mettait aussi en garde contre un retrait d'Irak car cela encouragerait les extrémistes islamistes.

Le rapport, intitulé Tendances du terrorisme mondial: implications pour les États-Unis, est le produit des analyses de l'ensemble des 16 agences de renseignement du gouvernement américain.

Le président américain a dit hier avoir discuté du rapport avec le directeur national du renseignement John Negroponte et lui avoir ordonné de rendre publics les chapitres clés de ce document dès que possible. «Cela arrêtera les spéculations», a estimé M. Bush, pour qui les fuites ont des motivations politiques.

Lundi, John Negroponte s'en était pris également à ces fuites dans la presse. Elles «ont laissé dans les esprits la fausse impression que les estimations du renseignement national concernaient avant tout les liens entre l'Irak et le terrorisme international», a-t-il dit.

M. Negroponte a toutefois admis que «le djihad irakien est en train de former une nouvelle génération de chefs et de soldats du terrorisme».