Une demande pressante des sunnites - L'Irak révisera sa Constitution

Bagdad — Le Parlement irakien à majorité chiite a approuvé hier la mise sur pied d'une commission de réforme de la Constitution fédérale adoptée il y a un an, une revendication des partis politiques sunnites. Les députés irakiens espèrent ainsi ouvrir la voie à l'adoption d'un projet controversé de fédéralisme.

Après trois semaines d'impasse, les députés ont approuvé la création d'une commission de révision constitutionnelle, réclamée par les sunnites, ce qui devrait permettre l'ouverture d'un débat sur le projet de fédéralisme rejeté jusqu'à présent par les listes sunnites.

La commission constitutionnelle aura un an pour mettre au point les amendements de la Constitution, et la loi sur le fédéralisme n'entrera en vigueur que 18 mois après son adoption par le Parlement.

La commission constitutionnelle ayant été créée hier, la première lecture du projet de fédéralisme doit avoir lieu aujourd'hui, selon les termes du compromis. Le texte sur le fédéralisme a été présenté début septembre par l'Alliance unifiée chiite (128 députés sur les 275 que compte le Parlement), mais il a été retiré après un tollé de la part des blocs sunnites et laïques et des tiraillements au sein de la coalition.

L'engagement d'amender la Constitution a été l'une des raisons qui ont poussé les sunnites à approuver, par référendum, la loi fondamentale, en octobre 2005.

Le fédéralisme est soutenu par les principaux groupes chiites, qui dominent le Parlement et le gouvernement. Cependant, les sunnites craignent que le fédéralisme ne les conduise à l'isolement.

Rien de neuf

La Maison-Blanche a admis hier que l'Irak était un des nombreux facteurs qui «alimentait le développement du djihad», mais a souligné que gagner la guerre permettrait également de décourager d'éventuels terroristes.

Tony Snow, le porte-parole de la Maison-Blanche réagissait aux informations parues dans la presse faisant état d'un rapport confidentiel qui conclut que la guerre en Irak a accru la menace terroriste.

«Ce rapport souligne que de nombreux facteurs, en plus de l'Irak, alimentent le développement du djihad, dont d'anciennes revendications sociales, la lenteur du processus de réforme et l'utilisation d'Internet», a dit M. Snow. «Et il [le rapport] note aussi que si les djihadistes échouent en Irak, ils seront moins nombreux à vouloir poursuivre le combat.»

Ce rapport contredit les affirmations du président Bush selon lesquelles la guerre en Irak a permis de rendre l'Amérique et le monde plus sûrs. Selon Tony Snow, ce nouveau rapport «ne contient rien que le président n'ait pas dit».

Dimanche, le New York Times a cité des responsables anonymes ayant lu un rapport confidentiel, compilé par 16 agences de renseignement, l'un d'eux concluant que «la guerre en Irak a aggravé le problème général du terrorisme».

Le Washington Post a confirmé les informations de son concurrent, citant un responsable des services secrets (dont l'identité n'a pas été dévoilée) selon lequel «il s'agit d'une analyse très franche» de la situation, qui «énonce des évidences».