Abbas reporte ses négociations avec le Hamas

Ramallah — Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a renoncé hier à se rendre à Gaza pour discuter avec le Hamas de la formation d'un gouvernement d'unité nationale en raison du refus persistant du mouvement islamiste de reconnaître Israël.

Selon son entourage, le chef de l'Autorité autonome devait se rendre à Gaza aujourd'hui pour «reprendre à zéro» les discussions sur la constitution de ce gouvernement, et le Hamas disait hier espérer qu'un accord serait trouvé dans un délai de deux semaines.

De source palestinienne à Ramallah, on indique qu'Abbas estime que ce déplacement est devenu sans objet à partir du moment où le Hamas persiste à exclure d'un éventuel accord de gouvernement toute forme de reconnaissance d'Israël. Cette reconnaissance est une des conditions de la communauté internationale pour reprendre son aide à l'Autorité autonome.

À la tribune des Nations unies jeudi dernier, Abbas avait cru pouvoir promettre que le futur gouvernement d'union respecterait l'ensemble des accords passés conclus avec Israël par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et l'Autorité autonome palestinienne.

Cela comprend notamment l'échange, en 1993, de lettres de reconnaissance entre Israël et l'OLP, le renoncement de celle-ci à la violence et son engagement sur la voie d'un règlement négocié pour aboutir à la création d'un État palestinien indépendant, avait-il ajouté.

Mais, en fin de semaine, les dirigeants du Hamas ont multiplié les déclarations soulignant que le mouvement ne participerait jamais à un gouvernement dont le programme politique induit la reconnaissance de l'État juif. Lors d'un discours vendredi dans une mosquée de Gaza, le premier ministre, Ismaïl Haniyeh, a déclaré de son côté que la solution au conflit israélo-palestinien ne passait pas, selon lui, par la cohabitation de deux États.

Depuis l'accord de principe conclu cet été entre le Fatah et le Hamas, «il y a eu régression», a estimé le président palestinien, en ajoutant: «Nous sommes revenus au point de départ. Nous allons réexaminer la question.»

Abbas «n'ira pas à Gaza dans un proche avenir», a-t-on précisé dans l'entourage du président.