Les manifestations se poursuivent à Budapest

Hier soir, jusqu’à 8000 personnes se sont rassemblées dans le calme sur la place Kossuth de Budapest.
Photo: Agence Reuters Hier soir, jusqu’à 8000 personnes se sont rassemblées dans le calme sur la place Kossuth de Budapest.

Budapest — Les manifestations contre le gouvernement en Hongrie se sont poursuivies en douceur hier à Budapest et devaient continuer à l'approche des élections municipales du 1er octobre, après avoir culminé samedi.

Hier soir, jusqu'à 8000 personnes se sont rassemblées dans le calme sur la place Kossuth de Budapest vers 20h avant de commencer à se disperser, au septième jour de protestation.

Ce chiffre est inférieur aux prévisions des organisateurs, qui attendaient de 10 000 à 15 000 personnes après avoir réuni 20 000 personnes la veille, au cours du plus grand rassemblement depuis le début du mouvement pour la démission du premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsany, qui a reconnu le 18 septembre avoir menti sur son programme économique.

«Les manifestations ont certainement connu leur apogée samedi. Mais elles vont se poursuivre toute la semaine», a indiqué Krisztian Hajdu, un porte-parole du comité d'organisation des rassemblements, proche de la droite parlementaire.

Les manifestations, qui ont fait plus de 250 blessés à Budapest de lundi à mercredi et provoqué plus de 200 interpellations, se sont déroulées sans incident notable depuis lors dans la capitale.

M. Hajdu a indiqué tabler sur une «baisse progressive du nombre de participants» ces prochains jours à l'approche des municipales, et annoncé un gel du mouvement le 29 septembre, deux jours avant le scrutin.

Le principal parti d'opposition de droite, le Fidesz de l'ancien Premier ministre Viktor Orban, veut faire de ces élections un référendum pour ou contre la coalition de centre gauche reconduite au pouvoir en avril.

M. Gyurcsany, qui exclut depuis le début du mouvement de démissionner, a contre-attaqué hier en accusant M. Orban de «collusion» avec l'extrême droite, très présente dans les manifestations à Budapest.

Il a par ailleurs répété dans l'hebdomadaire Vasarnap Reggel hier qu'il entendait poursuivre ses réformes et a rejeté tout lien entre le futur résultat des municipales et les questions politiques à l'échelle nationale.

«Je vais me battre pour cette politique, et la modernisation du parti socialiste fait parti de ce combat», a-t-il déclaré.

Cependant, «les événements ont complètement quitté la scène parlementaire, c'est la rue qui a pris le dessus et personne ne sait où cela nous mènera», a estimé l'analyste politique Zoltan Somogyi.