Le Conseil de sécurité examine le nouveau projet américain sur l'Irak - Washington piaffe d'impatience

New York - Le Conseil de sécurité des Nations unies devait se réunir hier pour des consultations sur l'Irak alors que la Maison-Blanche réaffirmait que l'ONU n'avait «plus beaucoup» de temps pour se mettre d'accord sur un texte de résolution et que Bagdad se disait déterminé à combattre si nécessaire.

La réunion du Conseil de sécurité devait donner une première occasion à l'ensemble de ses 15 membres de prendre connaissance et de discuter de la nouvelle proposition de résolution américaine, jusque-là soumise aux seuls membres permanents (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie).

Il n'a pas été possible de savoir si Washington allait immédiatement demander un vote sur son projet renforçant les modalités des inspections du désarmement de l'Irak et l'assortissant d'un calendrier strict.

Mais le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer, a estimé hier que les Nations unies «ont encore un peu de temps, mais plus beaucoup», pour tenter de trouver un accord sur un texte.

«Ils travaillent à New York [au siège de l'ONU] et je pense que la meilleure façon de décrire là où ils en sont est de dire que la fin est en vue mais que nous n'y sommes pas encore. Ils ont encore un peu de temps, mais plus beaucoup. Et le président le sait, et je pense que l'ONU le sait aussi», a déclaré le porte-parole de la présidence américaine.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw a estimé hier à Londres qu'il ne serait pas nécessaire d'attendre «éternellement» pour arriver à un accord à l'ONU.

Mais le ministre irakien de la Culture, Hamed Youssef Hammadi, a qualifié hier à Amman le projet de texte américain de «pure agression et de déclaration de guerre à l'Irak».

«L'Irak est déterminé à construire et à combattre [les États-Unis] pour défendre ses principes, ses objectifs et son rôle [...] au sein de la nation arabe», a pour sa part déclaré à un journaliste égyptien le président irakien Saddam Hussein, selon l'agence officielle INA.

Le projet américain de résolution impose des conditions draconiennes et un calendrier très strict aux inspections en désarmement. Il a été froidement accueilli à Paris et Moscou.

Il préconise notamment que les inspecteurs en désarmement aient un accès complet et immédiat à tous les sites qu'ils décident de visiter, quels que soient les accords qui avaient pu être précédemment passés entre l'Irak et les Nations unies à leur sujet.

Sur le terrain, des avions de la coalition américano-britannique ont bombardé dans la nuit de mardi à hier des sites de défense antiaérienne dans le sud de l'Irak, a annoncé le Commandement central américain. Bagdad a pour sa part indiqué qu'ils ont touché «des installations civiles».

Des incidents quasi quotidiens opposent l'Irak aux avions de combat américains et britanniques chargés de survoler les deux zones d'exclusion aérienne imposées par Washington et Londres dans le nord et le sud du pays depuis la guerre du Golfe, en 1991.