Crise ivoirienne - Laurent Gbagbo critique Paris

Paris - «Il faut que les Français nous laissent gérer notre crise», déclare le président ivoirien Laurent Gbagbo dans un entretien que publie aujourd'hui l'hebdomadaire L'Express. Selon lui, «la France n'appuie pas de façon claire, comme nous étions en droit de l'attendre, la légitimité et l'ordre constitutionnels».

Affirmant s'en être entretenu «par deux fois» avec Jacques Chirac, il considère que le président français lui a tenu là encore «un langage erroné». À ses yeux, «en Afrique, s'abstenir de soutenir la légalité, c'est ouvrir la voie à tous les dérapages».

Après la tentative de putsch du 19 septembre, «le seul soutien que la Côte d'Ivoire a demandé, c'est celui de la France. Laquelle a donné ce qu'elle a pu donner», poursuit M. Gbagbo. «Nous avons jugé que c'était un peu court; il a donc fallu se tourner vers d'autres», dit-il en jurant qu'«il n'y a pas de soldats étrangers à nos côtés».

Laurent Gbagbo, qui considère le coup de force du mois dernier comme une «trahison», dit que le groupe armé à l'origine de cette «agression» est dirigé par des «soldats ayant eu maille à partir avec le régime du général Guei, après avoir participé à son coup d'État de Noël 1999». Ce groupe comprendrait «ceux qui au sein de la junte voulaient porter au pouvoir Alassane Ouattara» et compterait dans ses rangs «des Libériens, des Sierra-Léonais, des Maliens, des Burkinabés, des Ivoiriens».