La France et les démons de la sécurité - Sarkozy serre la vis

Paris - Le gouvernement français a adopté hier un projet de loi sur la sécurité intérieure beaucoup plus répressif que la législation en vigueur et visant surtout, selon l'opposition de gauche, les jeunes et les marginaux.

Le projet, présenté par le très actif ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, vise à interdire de fait la prostitution sur la voie publique, à pénaliser la mendicité et les installations illicites des gens du voyage. Les menaces verbales contre la police et les regroupements de jeunes dans les entrées d'immeuble seront également pénalisés et des moyens supplémentaires, notamment informatiques, seront octroyés aux forces de sécurité. Il s'agit de garantir la sécurité «des plus modestes, ceux qui comptent sur l'État parce qu'ils n'ont personne d'autre pour les défendre, ceux qui, depuis tant d'années, ont été les oubliés», a déclaré M. Sarkozy, ancien maire de Neuilly-sur-Seine, la plus résidentielle et la plus chic des banlieues parisiennes.

La Ligue des droits de l'homme (LDH) a qualifié ce projet de loi de liberticide et a estimé qu'il «pourrait conduire à un État autoritaire et à réprimer tous ceux qui ont eu le malheur d'être rejetés au bord de la route». Les partis de gauche ont signé un appel de diverses associations contre ce projet qui vise, selon eux, à faire «la guerre contre les pauvres» et non contre la pauvreté.