À la suite de l'attentat suicide de lundi - La riposte israélienne se fait attendre

Jérusalem — Soucieux de ne pas gêner les efforts américains pour rallier les pays arabes à leurs préparatifs à peine dissimulés pour renverser le régime irakien, Israël soupèse soigneusement la riposte à apporter au nouvel attentat suicide palestinien qui a fait 15 morts et 50 blessés la veille dans le nord de son territoire.

Cet attentat à la «voiture suicide» contre un autocar a été revendiqué par les Brigades de Jérusalem, l'aile militaire du mouvement intégriste Djihad islamique, et condamné par Yasser Arafat, mais l'entourage d'Ariel Sharon a accusé le président palestinien de complaisance coupable envers les «terroristes» qui sèment la guerre dans les rues d'Israël.

Cette action meurtrière a été «fermement» condamnée par le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, et le président américain George Bush, dont l'émissaire William Burns, attendu sous peu en Israël, a jugé qu'elle inflige «un coup dur aux aspirations et intérêts palestiniens» et est «intolérable pour quiconque recherche sincèrement la paix». Habituellement, après un attentat aussi sanglant, Sharon lance l'armée israélienne dans des opérations de représailles spectaculaires et massives, mais on déclare de source militaire que si une riposte ciblée est envisagée le moment venu, il n'est pas prévu d'opération susceptible de gêner les efforts américains pour isoler l'Irak dans le monde arabe.

«La réaction sera plus retenue et mesurée que par le passé. Il est acquis que nous ne gâcherons aucun effort des Américains pour obtenir le soutien des Arabes dans une opération contre l'Irak», dit-on de même source, bien que l'attentat de lundi figure parmi les plus meurtriers depuis plus de deux ans.

Lorsqu'un attentat suicide avait fait six morts à Tel-Aviv le mois dernier, Tsahal avait massivement riposté en détruisant totalement le complexe présidentiel d'Arafat à Ramallah, à l'exception de l'immeuble où il se trouvait, avant de l'évacuer sur l'injonction d'un président George Bush soucieux de ne pas s'aliéner ses alliés arabes par sa passivité.