Tensions entre l'Irak et l'ONU - Nouveau projet de résolution américain

Un manifestant contre une intervention militaire en Irak est promptement arrêté par la police new-yorkaise, devant l’immeuble de verre des Nations-unies.
Photo: Agence Reuters Un manifestant contre une intervention militaire en Irak est promptement arrêté par la police new-yorkaise, devant l’immeuble de verre des Nations-unies.

Nations unies — Les États-Unis ont remis hier aux quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, une nouvelle proposition de résolution sur le retour en Irak des inspecteurs en désarmement de l'ONU, a-t-on appris de sources diplomatiques.

«Nous leur remettons un texte complet», a dit un responsable américain peu après la fin de la réunion.

Cette première réunion depuis deux semaines entre les États-Unis, la Russie, la France, la Grande-Bretagne et la Chine, qui disposent chacun d'un droit de veto au sein du Conseil de 15 membres, est intervenue alors que des émissaires américains étaient en tournée diplomatique au Proche-Orient.

«Il s'agit de la première réunion sur le sujet entre les cinq depuis un moment et nous devrions vraiment progresser», a estimé un représentant d'un pays membre du Conseil, sous couvert d'anonymat.

Les États-Unis ont affirmé hier leur intention d'appliquer le principe de «tolérance zéro» à l'Irak.

«Nous aurons une tolérance zéro vis-à-vis de toute violation d'une résolution de l'ONU», a déclaré Ari Fleischer, porte-parole de la Maison-Blanche.

Le nouveau projet de résolution américain donne aux inspecteurs de l'ONU un rôle central, ainsi que le réclamaient la plupart des pays dans le monde, et il exige un rapport de ces experts avant toute éventuelle intervention militaire, selon des extraits obtenus par Reuters.

Le nouveau projet de résolution américain, qui ne mentionne plus le recours automatique à la force en cas d'infraction irakienne constatée par les inspecteurs, devrait permettre de rapprocher les positions des États-Unis et de la France, favorable à l'adoption d'une deuxième résolution avant toute éventuelle offensive militaire.

Paris avait pris la tête des opposants, majoritaires, au premier texte américain qui aurait permis à tout pays membre de l'ONU de recourir «à tous les moyens nécessaires» contre l'Irak en cas d'infraction.

Le président français Jacques Chirac a toutefois estimé «tout à fait prématuré» d'exclure l'hypothèse d'une guerre contre le régime du président irakien Saddam Hussein. «Ma préoccupation, ce sont les pressions suffisantes sur les autorités irakiennes pour que le désarmement soit contrôlé et indiscutable et à partir de là, les perspectives guerrières s'effaceront», a-t-il estimé dimanche à l'issue d'une tournée au Proche-Orient.

Les États-Unis ont pour leur part multiplié les efforts diplomatiques dans la région, où les pays arabes souhaitent éviter une offensive militaire contre l'Irak.

Le général Tommy Franks, chef du Commandement central de l'armée américaine, était hier en Turquie pour discuter de la situation irakienne avec les responsables militaires turcs mais a affirmé n'avoir rien demandé à ce pays membre de l'OTAN.