La violence s'accroît à Gaza

Des soldats israéliens ont pénétré dans Beit Lahiya hier.
Photo: Agence France-Presse (photo) Des soldats israéliens ont pénétré dans Beit Lahiya hier.

Vingt Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par l'armée israélienne, qui a perdu un soldat hier dans une vaste offensive terrestre pour mettre fin aux tirs de roquettes à partir de ce territoire évacué il y a dix mois et pour retrouver un soldat enlevé.

De violents combats ont opposé soldats israéliens et activistes palestiniens à Beit Lahya, dans le nord du territoire, où les blindés israéliens sont arrivés par l'ouest après avoir avancé quatre kilomètres près de la côte. Ils ont pénétré dans les quartiers d'Atatra et Salatine, dont une partie de la population a fui.

La branche armée du Hamas a affirmé avoir fait exploser un char israélien à Atatra. Des journalistes sur place ont indiqué avoir vu un char détruit après avoir entendu une explosion.

Onze Palestiniens, dont deux activistes du Hamas et une majorité de civils, ont été tués et 26 autres blessés dans des bombardements israéliens à Beit Lahya, selon des sources médicales palestiniennes.

Des chars, de l'infanterie et des bulldozers ont pris position sur les sites de trois anciennes colonies évacuées en septembre 2005.

L'armée israélienne a confirmé la mort d'un de ses soldats à Atatra, revendiquée parles Comités de résistance populaire, dans un affrontement au cours duquel deux autres soldats ont été blessés.

Dans la matinée, un civil palestinien a été tué par des tirs d'un blindé israélien à Atatra. Deux combattants du groupe radical Djihad islamique ont été tués et cinq autres blessés dans un raid aérien à Abassane, dans le sud. Mercredi soir, un policier palestinien et deux membres de la branche armée du Hamas avaient été tués. Hier soir, trois autres Palestiniens ont été tués lors d'un raid aérien israélien sur Beit Lahya et dix autres ont été blessés, dont trois étaient dans un état critique.

Haniyeh dénonce

Le premier ministre palestinien Ismaïl Haniyeh a dénoncé une «punition collective» et appelé la communauté internationale à intervenir pour mettre fin à l'offensive israélienne. «Ce que fait Israël démasque son plan visant à réoccuper de larges secteurs de la bande de Gaza, frapper ses infrastructures, imposer une punition collective contre notre peuple et l'affoler», a dit M. Haniyeh.

Le ministre de l'Intérieur, Saïd Siam, a «décrété l'état d'alerte dans les services de sécurité et appelé tous leurs membres à accomplir leur devoir religieux et moral et affronter l'agression israélienne», selon son porte-parole.

Le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a assuré que l'offensive avait pour seul objectif «de faire cesser les tirs de roquettes et ramener le soldat» enlevé le 25 juin.

Huit roquettes artisanales Qassam ont été tirées hier sur le territoire israélien, dont une est tombée sur la ville de Sderot et trois au sud, sans faire ni victime ni dégât, selon une porte-parole militaire israélienne.

«Dans certains secteurs, nous avons rencontré une résistance acharnée des terroristes», a déclaré le commandant de la région militaire sud d'Israël, Yoav Galant. «Notre objectif est d'éloigner les tirs de Qassam, de faire en sorte que ceux qui les tirent en payent le prix fort au point qu'ils y renoncent», a-t-il ajouté.

Noam Shalit, le père du soldat, s'est pour la première fois exprimé en faveur d'un éventuel échange de son fils contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël alors que le gouvernement israélien a rejeté l'idée d'un tel échange proposé par les ravisseurs.

Des ministres chez le juge

Par ailleurs, 27 ministres et députés palestiniens arrêtés par Israël ont comparu devant deux tribunaux militaires israéliens en vue de la prolongation de leur garde à vue.

Le vice-président du Conseil législatif palestinien, Hassan Khreicheh, a été arrêté hier par l'armée israélienne à son retour de l'étranger, selon des responsables des services de sécurité palestiniens.

Par ailleurs, Israël a suspendu le droit de visite par leur famille de 8700 Palestiniens détenus dans ses prisons. Cette mesure est en vigueur depuis le 25 juin, date de l'enlèvement du caporal israélien Gilad Shalit, a déclaré hier une porte-parole de l'administration pénitentiaire.