Téhéran ne répondra pas dans les délais prévus

Bruxelles — Le négociateur iranien sur le nucléaire est arrivé Bruxelles pour sa première rencontre avec le haut représentant de l'UE pour les relations extérieures, Javier Solana, depuis un mois, mais il a immédiatement indiqué qu'il ne donnerait pas de réponse dans l'immédiat à l'offre de coopération des grandes puissances.

«Nous prenons au sérieux la poursuite des négociations et nous commencerons nos discussions mardi prochain», a déclaré Ali Larijani à son arrivée dans les bureaux de Javier Solana.

Interrogé à savoir s'il allait donner une première réponse à l'offre de coopération qui lui a été présentée le 6 juin dernier à Téhéran, le responsable iranien a répondu: «Nous parlerons de l'offre mardi.»

Un haut responsable iranien avait indiqué plus tôt hier que M. Larijani ne donnerait de réponse ni ce jeudi ni même mardi prochain à l'offre des six grandes puissances. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait déjà prévenu qu'aucune réponse définitive ne serait donnée avant août.

M. Solana, qui mène les négociations au nom des six, a néanmoins accueilli M. Larijani avec son sourire habituel. «Nous allons nous réunir aujourd'hui, avant une seconde réunion mardi», a déclaré M. Solana, espérant que ce processus «serait bénéfique pour les deux parties».

M. Larijani devait repartir juste après pour Madrid, où il doit avoir aujourd'hui des entretiens avec le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero et son ministre des Affaires étrangères et spécialiste du Proche-Orient, Miguel Ángel Moratinos.

Les six pays à l'origine de l'offre avaient demandé aux Iraniens de donner une réponse substantielle à leurs propositions avant la réunion des chefs d'État du G8 du 15 au 17 juillet à Saint-Pétersbourg.

Le président russe Vladimir Poutine a encore rappelé hier que le sommet du G8 était la date butoir retenue par les six pays à l'origine de l'offre pour obtenir une réponse. «J'aurais voulu que le dialogue avec l'Iran débute avant la rencontre des dirigeants du G8 à Saint-Pétersbourg», a-t-il affirmé.

«Si l'Iran essaie de gagner du temps, cela ne va pas marcher», avait averti de son côté mercredi la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice. «Nous avons besoin de savoir si la voie de la négociation est ouverte ou non.»