Les attentats fragilisent Kaboul

Kaboul — La série d'attentats à la bombe qui a secoué Kaboul mardi et hier fragilise le gouvernement et la crédibilité des forces de sécurité afghanes en démontrant que la capitale n'est pas à l'abri des attaques, qui minent déjà le sud et l'est du pays.

Les auteurs des attentats, qui ont été revendiqués par les talibans, «veulent supprimer dans l'esprit des gens l'idée que Kaboul est un sanctuaire», a commenté sous couvert de l'anonymat un diplomate occidental basé à Kaboul. «Ils veulent essayer de créer un sentiment d'insécurité et déstabiliser le pouvoir en montrant qu'on peut toucher Kaboul», a ajouté ce diplomate, exprimant une opinion largement partagée.

Les quatre attentats ont fait seulement un mort et une cinquantaine de blessés, pour la plupart légers. La faiblesse des charges est intentionnelle et suffisante pour faire passer un message, a indiqué sous couvert de l'anonymat une source du renseignement occidentale dans la capitale.

«C'est évident que les dernières attaques en date montrent un changement de tactique des talibans. Ils veulent provoquer la peur parmi la population et en même temps faire une démonstration de force», note Ikhpolwak Sapai, analyste et journaliste afghan.

Selon la source du renseignement, il n'est pas certain que les talibans soient à l'origine de l'attaque, d'autres groupes, politiques ou liés à la criminalité, pouvant souhaiter se rappeler au souvenir du président Hamid Karzaï.

«Ces attaques font partie d'un plan général, qui consiste à organiser des attaques partout en Afghanistan», a néanmoins affirmé un porte-parole des talibans, Mohammad Hanif, qui a joint l'AFP par téléphone. «Nous pouvons désormais causer plus de pertes et faire plus de dégâts à Kaboul et dans le nord», a-t-il menacé.