Israël demande à Tsahal de renforcer ses opérations à Gaza

Des militaires israéliens attendaient hier l’ordre d’entrer dans Érez.
Photo: Agence Reuters Des militaires israéliens attendaient hier l’ordre d’entrer dans Érez.

Pendant que Tsahal intensifiait hier son offensive dans le nord de la bande de Gaza, le cabinet israélien de sécurité a donné son feu vert à des opérations militaires prolongées et en profondeur dans la bande de Gaza pour libérer le soldat enlevé le 25 juin et stopper les tirs de roquettes, notamment contre la ville d'Ashkelon.

L'armée a reçu pour consigne de se préparer à une «action prolongée et graduelle» pour aboutir à ces objectifs, selon un communiqué du bureau du premier ministre israélien Éhoud Olmert.

Hier, l'armée a envoyé plusieurs chars à l'endroit d'où a été tirée mardi une roquette qui, pour la première fois, a atteint une ville israélienne. Plusieurs tanks et véhicules blindés israéliens ont par ailleurs pris position dans les anciennes colonies de peuplement juif d'Elei Sinai et de Nissanit, évacuées il y a près d'un an, rapportent des témoins.

Des accrochages ont éclaté entre des hommes armés du Hamas et les forces israéliennes qui pénétraient à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, selon des témoins. Un responsable de la localité a indiqué que l'armée israélienne avait pénétré dans plusieurs maisons tandis que des centaines d'habitants étaient contraints de rester dans leur habitation.

Les véhicules de l'armée sont partis d'Erez et ont traversé le nord de la bande de Gaza pour atteindre les anciennes colonies.

Opérations ciblées

Selon les directives du cabinet, l'armée israélienne devra maintenant «limiter la liberté de mouvement» des groupes armés en «continuant à tronçonner la bande de Gaza et en frappant les infrastructures terroristes», poursuit le communiqué. Le cabinet a en outre autorisé la poursuite des opérations ciblées contre les tireurs de roquettes et l'intensification de la campagne contre le mouvement islamiste Hamas, à la tête du gouvernement palestinien, aussi bien en Cisjordanie que dans la bande de Gaza.

Selon un ministre, il a été décidé d'établir une zone de sécurité élargie dans le nord de la bande de Gaza à la suite du tir sans précédent de roquettes à Ashkelon, au sud de Tel-Aviv. Des forces terrestres devraient opérer de façon continue dans cette zone, soumise à des tirs intensifs d'artillerie et sous observation constante de l'armée de l'air.

Selon lui, l'armée a reçu l'autorisation d'encercler Beit Hanoun et Beit Lahiya afin de créer un couloir coupant ces localités de la ville de Gaza en cas de nécessité.

Malgré ces menaces de représailles, une nouvelle roquette s'est abattue hier soir à Ashkelon sans faire de victime ni de dégât. L'explosion s'est produite dans un espace vert de cette ville du sud d'Israël. Plusieurs personnes prises de panique ont dû être soignées, a toutefois ajouté la télévision publique.

Le négociateur palestinien en chef Saëb Erakat a dénoncé ces décisions, estimant qu'elles ne «feront que contribuer à l'escalade». «Israël se sert des derniers événements comme prétexte pour imposer des faits accomplis. Une zone de sécurité ne résoudra pas le problème mais contribuera au contraire à davantage d'escalade et de complications», a-t-il déclaré.

M. Olmert avait qualifié mardi de très grave le tir sur Ashkelon, avertissant que «cette tentative criminelle de porter atteinte à des civils israéliens vivant à l'intérieur des frontières d'Israël aura d'exceptionnelles conséquences».

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont revendiqué le tir. «Nous avertissons de nouveau l'ennemi que tout crime qu'il commettra dans la bande de Gaza ou en Cisjordanie lui entraînera des malheurs», ont-elles affirmé dans un communiqué.

Le ministre travailliste des Infrastructures, Binyamin Ben Eliezer, a préconisé «de lancer des opérations systématiques de liquidation des chefs terroristes. [...] C'est seulement ainsi qu'ils comprendront que ces tirs ne peuvent pas continuer».

Depuis le déclenchement de l'intifada, en septembre 2000, des centaines de roquettes artisanales ont été tirées sur la ville israélienne de Sdérot, dans le désert du Néguev, aux abords immédiats de la bande de Gaza, tuant cinq civils israéliens et en blessant des dizaines d'autres.

Un activiste palestinien a été tué hier par des tirs de l'armée israélienne lors d'une incursion militaire à Jéricho, en Cisjordanie.

Dans un tel contexte, le président palestinien Mahmoud Abbas a décidé de suspendre son projet d'organiser le 26 juillet un référendum sur un plan de règlement comprenant une reconnaissance d'Israël, a-t-on appris hier.