Congo - Des candidats à la présidence mécontents

Kinshasa — Vingt des 33 candidats à l'élection présidentielle en République démocratique du Congo ont exigé hier «le gel de la campagne électorale», dénonçant des irrégularités mettant en péril la crédibilité du processus moins d'un mois avant des scrutins cruciaux pour la paix.

Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), l'abbé Apollinaire Malu Malu, a jugé sans fondement cette déclaration qui pourrait ouvrir la voie à une nouvelle crise politique en RDC moins d'une semaine après le lancement officiel de la campagne.

«Nous exigeons le gel de la campagne électorale en attendant de vider le processus électoral de toutes les irrégularités constatées et dénoncées» lors de concertations politiques tenues à Kinshasa le 30 juin, déclarent les candidats dans un texte commun lu à la presse par l'un d'eux, Gérard Kamanda wa Kamanda, actuel ministre de la Recherche scientifique.

Les signataires, parmi lesquels ne figurent pas les candidats considérés comme les poids lourds de la campagne — comme le président Joseph Kabila ou les vice-présidents et chefs des deux principales ex-rébellions, Jean-Pierre Bemba et Azarias Ruberwa —, dénoncent «un scrutin visant à consacrer la vente du pays par des élections arrangées» et déplorent «le climat de tension et d'insécurité entretenu par le pouvoir».

Ils dénoncent vigoureusement «l'impression de plus de cinq millions de bulletins de vote excédentaires, l'enregistrement de dizaines de milliers d'étrangers, la délocalisation du serveur central» de la CEI dans un pays d'Europe occidentale et l'absence de publication des listes électorales.

Parmi les signataires de cette déclaration figurent plusieurs anciens ministres, dont l'ex-rebelle Roger Lumbala et l'opposant Joseph Olenghankoy, des mobutistes, dont Nzanga Mobutu, le fils de l'ancien dictateur zaïrois, un fils du premier chef de gouvernement du Congo et Guy Patrice Lumumba.